Jeux olympiques

Allumer la flamme chez les jeunes

La frénésie des JO peut agir comme déclencheur marquant chez les enfants et adolescents, notamment en raison de la grande diversité de sports présentée.
La frénésie des JO peut agir comme déclencheur marquant chez les enfants et adolescents, notamment en raison de la grande diversité de sports présentée.
Photo : Luc Hamel

«Je veux faire ça, moi aussi!» Plusieurs se le diront en regardant les prouesses des athlètes aux Jeux olympiques de Sotchi. Si les Alexandre Bilodeau ou les Marianne St-Gelais confient souvent avoir été inspirés par les performances d’autres grands athlètes, ces modèles motivent aussi les jeunes à pratiquer un sport pour le plaisir et le défi.

La frénésie des JO peut agir comme déclencheur marquant chez les enfants et adolescents, notamment en raison de la grande diversité de sports présentée, explique Sylvain Turcotte, professeur à la Faculté d’éducation physique et sportive. «C’est le bon moment pour découvrir de nouvelles activités physiques, différentes des sports professionnels présentés d’habitude à la télévision. Les Jeux olympiques interpellent surtout les jeunes, parce que ceux-ci sont encore en mode développement : ils essaient plusieurs sports avant de trouver lesquels sont plus près de leurs intérêts.»

La variété présentée aux JO s’étend même jusqu’à certains sports extrêmes comme le slopestyle et le halfpipe en ski l’hiver ou le BMX l’été. «Puisque les X Games sont hyper populaires auprès des 10-25 ans, on va encore plus chercher l’intérêt des jeunes en intégrant ces disciplines», dit Sylvain Turcotte.

L’influence des Olympiques sur la pratique de l’activité physique chez les jeunes s’observe en premier lieu chez les fédérations sportives. «Lorsqu’un athlète québécois performe dans un sport, Charles Hamelin en patinage de vitesse, par exemple, l’impact se fera principalement sentir sur le nombre d’inscriptions au sein de la fédération», dit le professeur.

Des modèles féminins

Les jeunes filles bénéficient particulièrement des JO, puisque les athlètes féminines profitent d’une présence médiatique qui dépasse largement les normes habituelles. «Les Jeux olympiques sont une belle vitrine pour le sport féminin, qu’on ne voit presque pas le reste de l’année. Il faudrait qu’il soit là plus souvent parce qu’il donne aux filles l’occasion de regarder des activités plus près de leurs intérêts et des modèles féminins desquels s’inspirer», souligne le professeur Turcotte.

Entretenir la flamme

Le professeur Sylvain Turcotte s'intéresse notamment à la promotion des saines habitudes de vie chez les jeunes.
Le professeur Sylvain Turcotte s'intéresse notamment à la promotion des saines habitudes de vie chez les jeunes.
Photo : Michel Caron

Les Jeux olympiques allument une étincelle dans la tête des jeunes, mais encore faut-il savoir entretenir la flamme. «Pour que le déclencheur ait un effet, il faut permettre à l’intérêt de se matérialiser. La réalisation concrète de l’activité va donc dépendre de l’accessibilité, de la présence de structures organisationnelles et d’infrastructures matérielles, souligne le professeur. Pour bien s’orienter, les jeunes doivent aller cogner à la porte des fédérations sportives. Leurs parents ont aussi un rôle important pour les soutenir et les encourager.»

Sans ces appuis essentiels et un objectif réaliste, les jeunes se découragent. «L’influence des Jeux olympiques reste souvent à court terme. Il faut aider les jeunes à passer à une autre étape», fait remarquer le professeur Turcotte.

L’après-Jeux olympiques revêt aussi une importance non négligeable. «Certains athlètes, comme Sarah Vaillancourt ou Marc Gagnon, ont fait la tournée des écoles après les Olympiques. Ils portent ainsi le message en faveur de l’activité physique plus longtemps et encore plus concrètement.»

Les jeunes ne seront toutefois pas les seuls rivés à leur téléviseur du 7 au 23 février. «Toute la planète est en mode olympique. Les importantes sommes d’argent et la couverture médiatique internationale consacrés à cet événement envoient à tous un message clair : l’activité physique, c’est bon!» rappelle Sylvain Turcotte.