Des patinoires pour mesurer les changements climatiques

Pourrons-nous encore patiner à l’extérieur dans 10 ans? Le groupe RinkWatch étudie les changements climatiques en recueillant des données sur les patinoires extérieures.
Pourrons-nous encore patiner à l’extérieur dans 10 ans? Le groupe RinkWatch étudie les changements climatiques en recueillant des données sur les patinoires extérieures.
Photo : Michel Caron

Entre les périodes de redoux et de froid, la glace des patinoires extérieures fond et gèle – et refond et regèle – au rythme des hivers en dent de scie… Une triste réalité pour les patineurs, mais une véritable mine d’information pour les chercheurs intéressés par les changements climatiques.

«Les patinoires extérieures recueillent de bonnes données météo. Si on les compare avec les données d’Environnement Canada, elles se ressemblent. Comme il y a plus de patinoires que de stations météo, elles deviennent de bons indicateurs du temps qu’il fait : quand la glace est belle, il a fait froid; quand elle ne l’est pas, il a fait plus chaud», explique Bruno-Charles Busseau, étudiant à la maîtrise en télédétection à l’UdeS.

Bruno-Charles Busseau représente le Québec parmi l’équipe RinkWatch. Mis sur pied par le professeur Robert McLeman, de l’Université Wilfrid-Laurier en Ontario, ce groupe de recherche étudie l’état des patinoires non seulement en Amérique du Nord mais dans tous les pays nordiques. «Une étude de l’Université Concordia publiée en 2012 annonçait une baisse des journées assez froides pour patiner dehors, c’est ce qui a motivé la création de RinkWatch», spécifie l’étudiant.

Pour mener à bien son projet, RinkWatch collabore avec des gens de partout qui inscrivent leur patinoire de quartier, ou de cour arrière, sur son site. En 2013, première année du projet, RinkWatch comptait déjà 100 inscriptions après deux semaines d’activité. À la fin de l’hiver, 1000 patinoires étaient répertoriées sur le site. Un chiffre qui grimpe encore d’une centaine cette année, se réjouit Bruno-Charles Busseau. «Le but, c’est d’obtenir une diversité de données de manière régulière, dit-il. On fait confiance aux gens, mais pour éviter les erreurs, il vaut mieux avoir le plus grand échantillon possible.»

L’étudiant à la maîtrise en télédétection Bruno-Charles Busseau est le représentant québécois du groupe RinkWatch.
L’étudiant à la maîtrise en télédétection Bruno-Charles Busseau est le représentant québécois du groupe RinkWatch.
Photo : Michel Caron

Pour les citoyens engagés dans le projet, le principe est simple : se rendre à sa patinoire extérieure chaque jour et partager l’état de la glace (patinable ou non) sur le site de RinkWatch. Les chercheurs responsables du projet utiliseront ensuite les données recueillies pour mesurer les changements climatiques au fil des ans. «Nous continuerons le projet tant et aussi longtemps que nous obtiendrons des données», indique Bruno-Charles Busseau.

En retour, un forum sur le site de RinkWatch permet aux participants d’échanger des trucs pour l’entretien des patinoires, par exemple. «Les gens trouvent le projet amusant, ils aiment y participer et le sujet des changements climatiques leur tient à cœur», souligne l’étudiant.

Pour l’instant, peu de données climatiques sont disponibles puisque le projet a démarré l’an dernier. Le graphique comparatif du mois de janvier montre toutefois une similitude entre les résultats de 2013 et de 2014.