Des étudiants de l’École de musique ont eu la chance de découvrir le processus de composition musicale du jeu Outlast

Recréer l’horreur virtuelle dans la musique d’un jeu vidéo

Samuel Desrosiers et Robin Girard, étudiants en musique interactive, travaillant à la console
Samuel Desrosiers et Robin Girard, étudiants en musique interactive, travaillant à la console
Photo : fournie

Les jeux vidéo actuels sont d’un réalisme saisissant. Outlast, paru cet automne, plonge le participant dans des univers glauques où la survie et l’horreur donnent des sueurs froides. Pour donner une dose d’adrénaline supplémentaire, la musique joue un rôle capital. Le travail des compositeurs est méconnu mais pourtant essentiel pour contribuer à l’expérience de jeu. C’est ce qu’ont expérimenté des étudiants au baccalauréat en musique de l’Université de Sherbrooke. Samuel Laflamme, chargé de cours à l’École de musique et compositeur de la musique du jeu vidéo Outlast, a entraîné ses étudiants à faire en parallèle le travail de composition de la trame sonore.

Au cœur du processus créatif

Les étudiants de Samuel Laflamme ont pu se mettre dans la position d’un créateur de musique de jeu vidéo en suivant chacune des étapes du projet. Celui qui réalisait la musique du jeu et donnait le cours de musique interactive en simultané a impliqué ses étudiants dans le développement du jeu et leur a permis d’en comprendre toutes les composantes.

Notamment, c’est en invitant les étudiants du cours à des sessions de travail et d’enregistrement, en leur parlant de son expérience en classe et en leur donnant des travaux en lien direct avec ce mandat qu’il a partagé son expérience avec son groupe, en temps réel.

Robin Girard, étudiant du cours, a apprécié ce défi : «Notre participation aux sessions d’enregistrement de la musique nous ont permis d’en apprendre beaucoup et de nous mettre dans la peau d’un compositeur, dit-il. Certains étudiants ont même prêté leur voix à la musique du film en chantant lors des enregistrements.»

Un travail de session a également permis aux futurs compositeurs de produire une séquence musicale selon les mêmes contraintes qu’avait reçues Samuel Laflamme pour Outlast. Bien que le segment en question ait déjà été remis aux producteurs du jeu et que cela n’ait pas influencé le résultat final, le chargé de cours a été très impressionné de la qualité des travaux reçus.

«Le niveau était très fort dans mon groupe, et c’était un plaisir d’aider ces jeunes à cheminer et de les amener à se dépasser par des travaux très près de la réalité, dit-il. Ce qui m’a marqué chez eux, ce fut leur façon de travailler ensemble, sans être compétitifs, mais en étant solidaires et en cherchant le meilleur résultat qui soit.»

Un mandat unique

Samuel Laflamme, chargé de cours à l’École de musique
Samuel Laflamme, chargé de cours à l’École de musique
Photo : fournie

Alors que la majorité des contrats de musique de jeu vidéo sont réalisés à l’étranger, c’est une fierté pour Samuel Laflamme d’avoir contribué à prouver que l’on a tout le talent et les ressources nécessaires au Québec pour mener à bien de tels projets. Les critiques positives concernant la musique du jeu témoignent d’ailleurs de l’efficacité de la formule.

Il s’agissait d’une première expérience de réalisateur de musique de jeu vidéo pour Samuel Laflamme, qui avait fait ses preuves en réalisation de musique de film. Le chargé de cours est très heureux d’avoir pu partager un tel mandat avec ses étudiants. «Il est certain que les étudiants ont dû adapter leur horaire, pour assister à des sessions d’enregistrement la fin de semaine par exemple, mais je crois qu’ils sont sortis gagnants et reconnaissants de cette aventure», dit-il.

Samuel Desrosiers, étudiant en musique interactive, abonde en ce sens : «Le cours nous a permis de voir comment gérer les musiciens, les ressources matérielles et les échéanciers dans un projet de grande envergure. Je savais que je souhaitais devenir compositeur, et de voir ce projet aller me l’a confirmé.»

Ce sera partie remise

André Cayer, responsable du cheminement en composition et musique à l’image du baccalauréat en musique, précise que ce n’est pas la dernière expérience du genre que vivront les étudiants.

«Il est certain que cela doit adonner avec des projets qui ont lieu durant les cours, mais le fait que nos chargés de cours soient des professionnels en vue qui sont toujours actifs dans le milieu amènera certainement son lot de possibilités pour de tels projets, dit-il. Les expériences comme le développement du jeu vidéo Outlast sont très inspirantes et formatrices pour les étudiants. Elles leur donnent la possibilité d’être collés aux réalités du milieu, d’être conscients de toutes les étapes d’un projet et d’apprendre en compagnie de spécialistes chevronnés.»