Nouvelle publication

Hume et la religion – Nouvelles perspectives, nouveaux enjeux

Charles, Sébastien (éd.), Hume et la religion – Nouvelles perspectives, nouveaux enjeux, Hildesheim, Olms, 2013.
Charles, Sébastien (éd.), Hume et la religion – Nouvelles perspectives, nouveaux enjeux, Hildesheim, Olms, 2013.
Photo : OLMS

Si l’on en croit les deux dernières publications dirigées par Sébastien Charles, les sceptiques ont la part belle en ce moment chez les historiens de la philosophie. En effet, la publication de Scepticism in the Enlightenment. Aufklärung, Enlightenment, Lumières (Dordrecht, Springer, 2013), édité en collaboration avec Plinio Junqueira Smith (Université fédérale de São Paulo), et de Hume et la religion – Nouvelles perspectives, nouveaux enjeux (Hildesheim, Olms, 2013) vient souligner à point nommé l’intérêt des chercheurs pour ce courant marginal de la philosophie, qui n’a cessé de remettre en doute depuis l’Antiquité les croyances et les dogmes des autres sectes philosophiques.

Charles, Sébastien et Plinio Junqueira Smith (éd.), Scepticism in the Enlightenment. Aufklärung, Enlightenment, Lumières, Dordrecht, Springer, 2013.
Charles, Sébastien et Plinio Junqueira Smith (éd.), Scepticism in the Enlightenment. Aufklärung, Enlightenment, Lumières, Dordrecht, Springer, 2013.
Photo : Springer

Dans le premier ouvrage collectif, il s’agit de montrer que le scepticisme constitue un courant important du siècle des Lumières, ce qui a pour intérêt de relativiser la conception habituelle que l’on se fait du 18e siècle, présenté comme un siècle confiant dans le progrès de la raison et des mœurs, alors même qu’il est travaillé de l’intérieur par un «scepticisme raisonnable» qui fait du doute et de l’enquête sceptique le fondement de la démarche proprement scientifique.

D’où l’intérêt, dans le second ouvrage collectif dirigé par Sébastien Charles, de s’interroger en particulier sur les croyances religieuses, objet des Dialogues sur la religion naturelle de David Hume. À partir d’une démarche sceptique, Hume montre en effet que les philosophes des Lumières, en prétendant remplacer les superstitions religieuses par une conception prétendument rationnelle de la nature, n’ont fait que reprendre un discours de type idéologique, la contre-idéologie étant elle-même une idéologie, et le culte de la nature une autre forme de religiosité.

Comme on le voit à la lecture de ces deux ouvrages, une cure de scepticisme est toujours bonne à prendre, que ce soit au 18e siècle ou au 21e siècle d’ailleurs...