Recherche multidisciplinaire

L’UdeS sert d’exemple de succès de la coopération franco-québécoise

Maxime Descoteaux, professeur au Département d'informatique de la Faculté des sciences de l'Université de Sherbrooke
Maxime Descoteaux, professeur au Département d'informatique de la Faculté des sciences de l'Université de Sherbrooke

Photo : Michel Caron

Maxime Descoteaux, professeur à la Faculté des sciences, a été invité à Québec en mars dernier à présenter son projet Classification des fibres nerveuses du cerveau pour les maladies neurodégénératives lors de la 17e Rencontre alternée entre la première ministre du Québec, Pauline Marois, et le premier ministre de la République française, Jean-Marc Ayrault.

Le projet a servi d'exemple de succès de développement de la coopération universitaire. Il avait été retenu parmi une centaine de projets, puisqu'il répondait aux grandes orientations des relations franco-québécoises en 2010. Ces orientations avaient alors été fixées pour les deux années suivantes.

Biotechnologies tournées vers l’innovation

Maxime Descoteaux et Christophe Charrier, maître de conférences à l'université de Poitiers, en France, ont atteint en 2012 le développement d'un processus d'identification et de classification des caractéristiques de la matière blanche du cerveau.

«Grâce à des équipes multidisciplinaires québécoise et française, l'étude et la compréhension des autoroutes des fibres nerveuses au sein de la matière blanche du cerveau humain commence à être possibles en vue de mieux comprendre les maladies neurodégénératives», souligne Maxime Descoteaux.

Les maladies d'Alzheimer, de Parkinson, d'Huntington, la sclérose en plaques et les autres maladies neurodégénératives touchent une grande partie de la population vieillissante. Cependant, nous ne savons toujours pas comment la matière blanche est affectée et détruite par ces maladies. À ce jour, l'imagerie par résonance magnétique (IRM) de diffusion est le seul outil non invasif d'étude de l'architecture neuronale du cerveau humain, permettant ainsi d'avoir une meilleure appréhension de l'interaction de certaines régions du cerveau. Cette étude passait alors nécessairement par une détection et une identification de ces fibres nerveuses.

«Le développement d'un tel système d'apprentissage vise la classification des données des images et deviendra un outil d'aide au diagnostic robuste. En termes de santé publique, le diagnostic rapide des maladies neurodégénératives assurerait une meilleure prise en charge des patients en adaptant au mieux le traitement», explique le professeur du Département d’informatique.

De plus, un tel outil de diagnostic est quasi inexistant dans la panoplie des outils cliniques disponibles au clinicien. Cet outil pourra permettre aux neurologue et neurochirurgien d'explorer l'intégrité de la matière blanche, afin de les assister dans leur planification chirurgicale ou dans leur analyse de l'état cognitif du patient.

Partenariat franco-québécois

Dans le cadre de ce projet, la France a bénéficié entre autres de l'expertise québécoise en imagerie de diffusion du cerveau et de l'expertise neurologique du Dr Bocti, neurologue et professeur à la Faculté de médecine et des sciences de la santé et chercheur au Centre de recherche clinique Étienne-Le Bel du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS), sur les démences et troubles cognitifs.

De son côté, le Québec a bénéficié notamment de l'expertise en application des méthodes de fusion d'information en imagerie médicale et en apprentissage statistique.

Dans l’ensemble, cette collaboration France-Québec a renforcé la visibilité et le rayonnement de ces travaux d’imagerie médicale sur une scène internationale et a donné lieu à :

  • 6 stages de Québécois en France
  • 4 stages de Français au Québec
  • 1 publication primée à un congrès prestigieux au Japon
  • 3 publications internationales au congrès du Medical Image Computing and Computer Assisted Intervention (MICCAI)
  • 1 dépôt à l'Agence nationale de la recherche, en collaboration avec la France
  • un logiciel utilisé à Sherbrooke avec 1 neurologue et sa résidente sur deux cohortes du CHUS (démence et Alzheimer)

Cette recherche en biotechnologie s'insère dans l'un des volets privilégiés de la coopération franco-québécoise soutenue par la Commission permanente de coopération franco-québécoise. Appelé Programme Samuel-De Champlain, ce volet tend à assurer le rayonnement scientifique et technologique des deux sociétés tout en garantissant la complémentarité d’expertise.

Rencontres alternées

Instaurées en 1977, les Rencontres alternées des premiers ministres québécois et français fixent les orientations et les priorités de la relation franco-québécoise. Elles permettent de fixer et d’adapter les objectifs et les priorités des relations entre les deux gouvernements. Tenues en alternance au Québec et en France, elles sont généralement l’occasion de la signature d’ententes bilatérales ou de déclarations communes fixant les orientations partagées par les deux gouvernements.