Deuxième colloque pour étudiants sur le religieux contemporain

Entre culture, identité et spiritualité

Valérie Desgroseilliers, Lucie Veyretout, Louis-Georges Deschênes et Daniel Chevalier, coordonnateur de la deuxième édition du colloque pour étudiants et jeunes chercheurs en religieux contemporain.
Valérie Desgroseilliers, Lucie Veyretout, Louis-Georges Deschênes et Daniel Chevalier, coordonnateur de la deuxième édition du colloque pour étudiants et jeunes chercheurs en religieux contemporain.

Photo : Michel Caron

Allant de la quête identitaire à la relation femmes-religions en passant par la politique, les communications présentées illustraient la grande variété des thématiques reliées aux phénomènes du religieux contemporain. Près de 40 étudiantes et étudiants des 2e et 3e cycles se sont rencontrés autour du thème Entre culture, identité et spiritualité – la religion dans les sociétés plurielles contemporaines. Issus de disciplines variées – droit, sciences politiques, histoire, théologie, sociologie, santé communautaire, psychologie, éducation, anthropologie, sciences des religions, études du religieux contemporain et philosophie – les participants provenaient d’universités québécoises, canadiennes et françaises.

Des rencontres stimulantes

Un colloque pour étudiants et jeunes chercheurs permet à la relève universitaire de se rencontrer, d’échanger et aussi d’affiner leurs compétences en communications scientifiques. « Ma participation a satisfait ma quête de vocabulaire, de définitions et d’appropriation de concepts, constate Louis-Georges Deschênes, j’ai apprécié les communications auxquelles j’ai assisté, la qualité des questions posées ainsi que les relances sur des aspects que je n’avais pas encore fouillés ». Doctorant en éducation, M. Deschênes s’intéresse à la culture religieuse dans un contexte pédagogique. Il a présenté une communication intitulée Le chemin quotidien vers l’école : de l’observation d’un paysage à la mise en place d’une connaissance élémentaire en matière de culture religieuse.

Les jeunes chercheurs aspirent à construire un réseau de collaborations de plus en plus large. Partir à la rencontre de ses pairs implique de voyager à travers le monde et de découvrir les particularités des différents contextes de recherche. Si en plus, le thème de recherche touche plusieurs continents, participer à des colloques outremer devient un incontournable. C’est le cas de Lucie Veyretout, détentrice d’un doctorat en droit public, spécialité droit des religions, de l’Université de Strasbourg. Elle est l’auteure de la communication Vers une nouvelle appréhension des conflits égalité des sexes/liberté de religion dans nos sociétés contemporaines. Ses activités de jeune chercheuse l’amènent à se pencher sur la diversité des réalités sociales à travers le monde. Ainsi, elle s’est intéressée aux travaux des chercheurs québécois : « Passer de l’autre côté de l’océan permet d’entrer en contact avec l’expérience du Québec, indique-t-elle. Pour mes recherches, j’ai consulté plusieurs textes de chercheurs d’ici ; participer à ce colloque me permet de mieux saisir la réalité des Québécois et de mettre un contexte à ces lectures. Je remarque que les chercheurs québécois ont une approche très ouverte et tournée vers le futur. »

De plus en plus, la thématique du religieux contemporain soulève l’intérêt d’étudiants du domaine de la santé. À ce titre, Valérie Desgroseilliers, doctorante en santé communautaire de l’Université Laval, a préparé la communication La place et le rôle du religieux en contexte migratoire : comprendre en passant par l’identité des personnes. En participant au colloque, madame Desgroseilliers souhaitait amalgamer la santé avec le fait religieux. Une association, qui dans le Québec actuel, ne va pas de soi. « Voir le fait religieux sous l’angle d’une ressource utile dans un contexte de rupture existentielle est une manière de considérer le religieux qui s’est développé à l’aune de la modernité. Les formes et les contenus du religieux sont bien différents aujourd’hui. Nous sommes sortis des grands systèmes et modes de croire traditionnels. Il y a autre chose qui est à l’œuvre. Assistons-nous à une forme de ré-enchantement? »

Une initiative de la Chaire de recherche sur les religions en modernité avancée

L’organisation de ce colloque a été assurée par deux étudiants au doctorat en études du religieux contemporain, Annie Bourgeois et Daniel Chevalier, sous la supervision du professeur David Koussens, titulaire de la Chaire de recherche sur les religions en modernité avancée.

Pour présider chacun des ateliers, le comité a fait appel au savoir faire de Pierre C. Noël, doyen de la FaTER ; Maurice Demers, professeur en histoire ; Marc Dumas, professeur en théologie et études religieuses ; Claude Gélinas, professeur en philosophie ; Louis-Charles Lavoie, professeur en théologie et études religieuses ; Jean-Marc Michaud, professeur en théologie et études religieuses ; Mohamed Ourya, Ph.D. en études du religieux contemporain ; Marie-Pierre Robert, professeure en droit  et Patrick Snyder, professeur en études du religieux contemporain.

C’était une première expérience pour Daniel Chevalier, « depuis octobre que nous travaillons sur le Colloque. Tout s’est bien déroulé et nous sommes satisfaits du niveau de participation et de la qualité des interventions.» Cet événement vise à enrichir et approfondir la réflexion collective sur le religieux contemporain. «Il nous permet de voir l’avancement des travaux de nos futurs chercheurs, observe Daniel Chevalier, en plus, il donne l’opportunité aux participants de voir leurs communications être choisies pour les actes du colloque.»

Soulignons que les actes du premier colloque, tenu en 2012, ont été lancés le 18 avril dernier grâce à une collaboration avec la revue Scriptura : Nouvelle Série. Hôtes de l'événement, les membres de l'Association étudiante de la Faculté de théologie et d'études religieuses ont invité tous les participants et participantes du colloque à prolonger les discussions lors d’un cocktail. Les actes du colloque 2013 seront publiés à l’automne prochain sous forme d’articles scientifiques. Les textes seront choisis par un comité de lecture.

«Le fait de rencontrer des gens qui analysent le religieux m’a fait prendre conscience de la complexité des questions que soulève le religieux d’aujourd’hui. La diversité des horizons disciplinaires représentent bien le défi qu’il y a, aujourd’hui, à traiter des phénomènes religieux car ils sont en constantes mutations», conclut Daniel Chevalier.

Ce colloque s’est déroulé les 18 et 19 avril derniers à la Faculté de théologie et d’études religieuses. Organisé par la Chaire de recherche sur les religions en modernité avancée, il s’adresse aux étudiants de 2e et 3e cycles et aux jeunes chercheurs qui se penchent sur les questions du religieux contemporain.