Sclérose en plaques et maladies neurodégénératives

Des recherches prometteuses pour contrer l’inflammation chronique

Pour contrer les maladies neurodégénératives, le professeur Denis Gris cherche à protéger le système nerveux central contre l'inflammation chronique.
Pour contrer les maladies neurodégénératives, le professeur Denis Gris cherche à protéger le système nerveux central contre l'inflammation chronique.

Photo : Robert Dumont

Affection neurologique grave, la sclérose en plaques atteint près de 20 000 Québécoises et Québécois, le plus souvent des personnes âgées de 15 à 40 ans. Trouver la cause et le remède de cette maladie est l’un des objectifs du professeur Denis Gris de la Faculté de médecine et des sciences de la santé. Il s’intéresse aux mécanismes immunitaires et pathologiques des maladies neurodégénératives et neuro-inflammatoires. Ses recherches se basent sur une piste intéressante : protéger les cellules du système nerveux central contre l'inflammation chronique.

Dans le cadre de leurs travaux, Denis Gris et son équipe veulent vérifier l'hypothèse selon laquelle deux protéines immunorégulatrices peuvent contribuer à protéger le système nerveux central contre l'inflammation. « Nous avons déjà obtenu des résultats préliminaires qui vont en faveur de cette hypothèse », souligne le spécialiste du Département de pédiatrie. « Ces protéines pourraient s’avérer des cibles intéressantes pour de nouvelles interventions thérapeutiques, ce qui contribuerait ainsi à améliorer la qualité de vie des personnes vivant avec la sclérose en plaques », ajoute le chercheur du Centre de recherche clinique Étienne-Le Bel du CHUS.

Le professeur Denis Gris du Département de pédiatrie.
Le professeur Denis Gris du Département de pédiatrie.

Photo : Robert Dumont

En appui à ces travaux, la Société canadienne de la sclérose en plaques a annoncé, le 8 avril, l’attribution d’une subvention de fonctionnement de 293 061 $ au professeur Denis Gris. L’annonce a eu lieu en présence du ministre de la Santé et des Services sociaux, le Dr Réjean Hébert, lors de la conférence de presse sur la Marche de l’espoir, à l’hôtel de ville de Sherbrooke. Le professeur Gris et son équipe espèrent que les études menées grâce à cette subvention contribueront à la mise au point de nouveaux traitements contre la sclérose en plaques.

La neuro-inflammation : un dénominateur commun à plusieurs maladies

Le système nerveux central a longtemps été considéré comme un site immunoprivilégié étant donné son arsenal limité pour développer une réponse inflammatoire. Les travaux récents de plusieurs chercheurs à travers le monde ont démontré que le système immunitaire joue un rôle critique dans le maintien du fonctionnement équilibré du système nerveux central en l’absence ou en présence de maladies. En réalité, la neuro-inflammation s’avère être le commun dénominateur dans plusieurs maladies neurodégénératives, incluant la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson, la maladie d’Alzheimer, la sclérose latérale amyotrophique, la maladie de Huntington, l’épilepsie, les accidents vasculaires cérébraux et autres. Les travaux du professeur Gris visent à découvrir les acteurs clés qui régulent la réponse inflammatoire dans le but ultime de développer de nouveaux traitements des maladies neurodégénératives.