Allocution de la professeure Luce Samoisette, rectrice de l'Université de Sherbrooke, à l'occasion de la cérémonie de remise des prix d'excellence en éducation

Sherbrooke

Le 24 mars 2010

Distingués invités,

C’est avec grand plaisir que j’ai accepté de me joindre à mes collègues de la Faculté d’éducation pour souligner les Prix d’excellence en éducation. Sachant qu’une quinzaine de prix seront décernés à autant de personnes engagées dans leurs milieux, je suis heureuse de partager leur vision et de souligner leur contribution. C’est, évidemment, un grand privilège d’être reconnu par une telle faculté qui témoigne de l’importance de l’éducation dans notre société.

En tant que professeure et, bien sûr, comme rectrice, la réussite en éducation me tient à cœur. Parce qu’elle devient pour chacune et chacun espace de liberté, de création, d’engagement, de passion, de travail et de fierté. Nous savons que la réussite en éducation fait partie d’un parcours balisé par des exigences académiques, familiales et sociales. Nous sommes conscients qu’elle est souvent le fruit de rencontres qui donnent du sens aux investissements de la personne et de son entourage. Nous sommes également bien placés pour en saisir les enjeux, puisque nous misons quotidiennement sur cette réussite dans nos milieux respectifs. Voilà pourquoi il est important que chacune de vos réalisations soit mise en valeur par les Prix d’excellence qui seront remis aujourd’hui.

Cette semaine, à la radio de Radio Canada, Fernand Dansereau, primé pour son film Porteurs d’espoir qui se déroule dans une classe de troisième cycle au primaire, a déclaré : « Ce n’est pas l’école qu’il faut changer, mais le discours public sur l’éducation ». Cette affirmation s’inscrit dans un mouvement auquel nous croyons, ici, à l’Université de Sherbrooke, soit celui de renouveler notre discours sur l’éducation et, par conséquent, nos actions.

Il est grand temps que l’on se pose des questions sur les actions que nous avons menées à l’échelle du Québec. Par exemple, on est en droit de se demander si l’on a suffisamment écouté et donné la parole aux jeunes des milieux scolaire, collégial et universitaire, de même qu’aux intervenantes et intervenants qui partagent leur quotidien avant de condamner l’éducation sur la place publique. 

L’Université de Sherbrooke a fait un choix, celui de l’écoute des gens concernés, afin que ses stratégies en éducation s’attaquent à des problèmes réels et partagés, autant en enseignement qu’en recherche. La réussite scolaire est tributaire de l’écoute et de la valorisation de l’éducation. Il faut donc favoriser l’émergence d’un discours public renouvelé qui soit davantage positif. Alors, les réussites des milieux de l’éducation émergeront à juste titre dans la presse, puis dans les familles, si bien que les jeunes seront fiers, avec raison, d’obtenir des diplômes ayant de la valeur à leurs yeux. Les professions en éducation seront, elles aussi, reconnues à leur juste valeur et occupées autant par les hommes que par les femmes.

Avant de vous écouter à mon tour, permettez-moi de féliciter avec enthousiasme les quinze récipiendaires des Prix d’excellence en éducation.

Bravo et bonne soirée!