Allocution de la professeure Luce Samoisette, rectrice de l'Université de Sherbrooke, devant les membres de la Chambre de commerce et d'industrie de la Rive-Sud

Longueuil

Le 28 avril 2010

Madame la Mairesse de Longueuil,
Monsieur le Maire de Boucherville,
Madame la Présidente du conseil,
Mesdames et Messieurs représentants du secteur de l’éducation,
Chers collègues,
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,

Je suis particulièrement fière d’être aujourd’hui devant les membres de la Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud, et pour plusieurs raisons…

Tout d’abord, à cause du prestige de votre organisme dont les quelque 1 800 membres en font l’un des très importants regroupements de gens d’affaires au Québec, un regroupement d’une portée nationale. Ensuite, parce que votre Chambre est un lieu privilégié pour communiquer avec nos partenaires actuels et futurs, pour rencontrer les entreprises et les organisations avec lesquelles nous collaborons et pour faire connaître la contribution que nous souhaitons apporter au développement du milieu. C’est également une belle occasion de vous parler du rôle prépondérant que doit jouer l’éducation dans le développement de notre société, particulièrement dans le contexte économique difficile que nous traversons.

J’aimerais aussi profiter de cette tribune pour vous parler de notre alliance historique, pour vous présenter ma vision de notre développement prévisible et les moyens qui m’apparaissent souhaitables pour concrétiser notre volonté commune de développer la Montérégie. Et je suis d’autant plus à l’aise de le faire que l’Université de Sherbrooke est depuis longtemps un fier citoyen institutionnel de Longueuil.

Permettez-moi d’abord de vous présenter notre Université, votre Université.

Fondée en 1954, l’Université de Sherbrooke, c’est 30 000 étudiantes et étudiants, dont plus de 14 000 à temps complet ; c’est un corps professoral de plus de 2 300 personnes, incluant les chargés de cours et les professeurs d’enseignement clinique ; c’est aussi une institution qui donne de l’emploi à 6 000 personnes.

Son Campus principal regroupe la direction de l’institution, les services de soutien et huit des neuf facultés, soit :

  • l’Administration;
  • le Droit;
  • l’Éducation;
  • l’Éducation physique et sportive;
  • le Génie;
  • les Lettres et sciences humaines;
  • les Sciences;
  • et la Théologie et études religieuses.

La Faculté de médecine et des sciences de la santé est quant à elle basée sur le Campus de la santé, dans l’est de Sherbrooke.

Nos neuf facultés se partagent 29 programmes de doctorat, 53 programmes de maîtrise et 46 de baccalauréat, sans compter les multiples combinaisons possibles de formations multidisciplinaires. La plupart de nos facultés proposent aussi des programmes de certificat et de diplôme ainsi que des microprogrammes. Au total, plus de 360 programmes de formation sont offerts à une population étudiante répartie sur trois campus, provenant de toutes les régions du Québec, de toutes les provinces canadiennes et de 100 autres pays. Uniquement au Campus de Longueuil, c’est 125 programmes que nous offrons.

L’Université de Sherbrooke se distingue à bien des égards. Sa caractéristique la plus connue est, bien sûr, la formule des stages coopératifs permettant une alternance études-travail. Nous avons été la première université francophone et la deuxième université canadienne à adopter le régime d'enseignement coopératif. Instaurée en 1966, cette méthode d'enseignement permet à des milliers d'étudiantes et d'étudiants d'ajouter aux connaissances théoriques reçues à l'Université une expérience pratique acquise en milieu de travail grâce à des stages rémunérés. Douze mois par année, des stagiaires de l'Université de Sherbrooke sillonnent le monde pour effectuer leur stage.

L'Université de Sherbrooke se distingue également par la nature des programmes et les démarches pédagogiques que nous avons adoptées. En effet, l’UdeS a aussi été :

  • la première au monde à offrir un MBA en français;
  • la première au Canada à proposer une maîtrise en fiscalité;
  • la première au Québec à mettre sur pied un baccalauréat en administration et un MBA en régime coopératif;
  • de même que la première à créer un institut d’entrepreneuriat et à lancer une maîtrise en sciences comptables réalisable en un an.

Notre Faculté de médecine et des sciences de la santé a pour sa part révolutionné l’enseignement médical au Québec en implantant l’apprentissage par problèmes dans le programme de doctorat en médecine.

Même constat pour notre Université du troisième âge. Fondée en 1976, elle a été la première UTA québécoise. Avec ses activités dans dix régions et ses 10 000 étudiantes et étudiants qui s’inscrivent à plus de 450 activités par année, notre UTA est l’organisme de formation des personnes retraitées le plus solidement établi sur l’ensemble du territoire.

L’Université de Sherbrooke est une université de niveau international implantée en région, une institution ouverte aux partenariats novateurs, comme en fait foi, par exemple, la création du Parc Innovation où est implanté le Centre de technologie avancée que nous avons créé en collaboration avec Bombardier produits récréatifs.

L’Université de Sherbrooke est, plus globalement, une institution dont la mission se déploie en trois aspects fondamentaux :

  • assurer une formation de la plus haute qualité à tous les cycles d’études;
  • contribuer au développement des connaissances par des activités de recherche de pointe, notamment dans des disciplines choisies stratégiquement;
  • et participer activement au développement de la société, à l’échelle régionale, nationale et internationale.

L’UdeS est une institution en bonne santé, comme le démontrent plusieurs aspects de son fonctionnement particulièrement évocateurs.

D’abord, notre effectif étudiantcroît en nombre et en qualité. Ceci s’explique par la création de nouveaux programmes visant à répondre aux besoins actuels et futurs de la société, de même que par la modification des programmes existants afin de les rendre encore plus attrayants. Ce fut le cas, notamment, pour les programmes de maîtrise en médiation interculturelle, d’ergothérapie ou encore de physiothérapie.  Les étudiantes et étudiants choisissent de plus en plus l’Université de Sherbrooke parce que notre formation répond à leurs besoins et qu’ils partagent  la vision de notre institution.

En matière de recherche, les nouvelles sont également excellentes :

  • aujourd’hui, le montant total des contrats et subventions de recherche se chiffre à près de 80 millions de dollars;
  • le nombre total de chaires s’élève à 74;
  • et le nombre des diplômés en recherche a augmenté de 41 %, de 2004 à 2008.

Au niveau de la gestion, la construction du Campus de Longueuil est un exemple de rigueur : les travaux ont été terminés dans les délais et à l’intérieur des budgets impartis.

Nos stratégies de développement durable sont exemplaires à bien des égards. Le programme de libre accès au transport en commun à Sherbrooke, que le conseil d’administration a d’ailleurs renouvelé il y a deux jours, et qui bénéficie de l’appui des associations étudiantes, est un exemple éloquent de la qualité de notre démarche en cette matière.

Le développement significatif de la recherche et l’augmentation constante des effectifs étudiants ont engendré une forte croissance des infrastructures immobilières. Ainsi, après avoir investi plus de 125 millions de dollars pour la construction du nouvel édifice de Longueuil, nous allons investir près de 300 millions dans les deux prochaines années pour consolider nos infrastructures de recherche.

En septembre 2009, nous avons annoncé, en collaboration avec les gouvernements québécois et canadien  et nos partenaires industriels IBM et DALSA, la création duCentre de Collaboration MiQro Innovation à Bromont. Il s’agit d’un projet de plus de 218 millions de dollars qui permettra :

  • de regrouper 250 chercheuses et chercheurs provenant des entreprises partenaires et de l’Université;
  • de consolider plus de 3 000 emplois industriels au Québec;
  • et de favoriser la collaboration et l’accueil des PME œuvrant dans le domaine.

Cet investissement est le plus important à avoir été consenti au Canada dans le cadre du programme fédéral d’infrastructure du savoir. Par la création de ce centre spécialisé en nanotechnologie, nous aidons le Québec à bien se positionner dans un secteur industriel en pleine transformation et, surtout, nous contribuons à conserver au Québec une recherche hautement stratégique et les emplois qui en découlent.

À ce projet majeur s’ajoute la construction, à Sherbrooke, du Centre d’excellence en génie de l’information, du Pavillon de recherche en sciences humaines et sociales, du Pavillon de recherche appliquée sur le cancer et du Laboratoire de recherche sur les matériaux quantiques.Des projets de plus de 60 millions de dollars permettant d’offrir une assise solide pour mieux développer la recherche en génie, en sciences humaines, en médecine et en sciences.

Ces investissements témoignent de manière éloquente de la vitalité de notre institution et de sa capacité d’innover en réinventant les modèles de concertation avec les entreprises, les gouvernements et les communautés où elle est implantée. Ils démontrent aussi tout le dynamisme qui caractérise nos secteurs de recherche et la rigueur de nos modes de gestion.

L’Université de Sherbrooke est grandement soutenue par sa Fondation qui a pour mission de l’appuyer concrètement dans sa poursuite de l’excellence. Moteur de développement important de l’Université, La Fondation offre des bourses d’excellence aux étudiantes et aux étudiants, accélère le développement de nos infrastructures et favorise l’accomplissement de notre mission.

Le Réseau de l'Université de Sherbrooke, quant à lui, maintient et développe les sentiments de fierté et d'appartenance des 110 000 diplômés de l'Université.

Au-delà de son histoire et des pionniers qui l’ont marquée, l’Université de Sherbrooke est d’abord et avant tout une communauté composée de personnes dévouées, compétentes et dynamiques.

Comme vous le savez sans doute, elle est présente en Montérégie depuis plus de 50 ans. Au fil des années, l’UdeS n’a cessé d’accroître sa contribution à l’essor de la région, notamment par l’implantation du Centre d’études universitaires de Granby, en 1972, l’Université du troisième âge, en 1989, et le Centre de services universitaires de la Montérégie, en 1990, devenu aujourd’hui le Campus de Longueuil.

Le Campus de Longueuil offre tout le soutien matériel et logistique nécessaire à la centaine de programmes proposés. Il contribue au développement des milieux social et économique de la région montérégienne par sa capacité à répondre à leurs besoins et par son sens de l’innovation.

Depuis qu’elle est implantée dans la région, l’Université de Sherbrooke s’est associée à plusieurs organisations montérégiennes, notamment le Conseil régional de développement de la Montérégie, Développement économique Longueuil ainsi que la Ville de Bromont, la Ville de Granby et la Ville de Longueuil.

En 1990, l’UdeS a signé une entente avec l’Hôpital Charles LeMoyne qui, neuf ans plus tard, est devenue un contrat d’affiliation. En 1998, elle a constitué un consortium de formation en sciences infirmières avec les six cégeps francophones de la Montérégie. Elle est également active dans ces mêmes cégeps depuis 35 ans par l’entremise du programme de formation continue Performa.

Le Campus de Longueuil entretient et développe des relations soutenues avec les milieux institutionnel, socioculturel et d’affaires de la Rive-Sud et de la Montérégie. Ces relations peuvent prendre la forme de réseautage, de collaborations ponctuelles ou de partenariats plus importants. Essentiellement, ces relations visent à répondre aux besoins de formation du milieu par des programmes avant-gardistes et adaptés aux besoins et aux contraintes de la clientèle. En tout, 125 programmes permettent chaque année à des milliers d’étudiantes et d’étudiants, dont 80% sont en formation continue, de poursuivre leur formation à Longueuil.

Le Campus de Longueuil offre aussi divers services ponctuels à la collectivité comme des conférences, des ressources documentaires et la location de locaux. Autant de services qui visent encore une fois à établir et nourrir des liens d’affaires entre les entreprises du milieu et les professeurs de l’Université.

Car il va sans dire, le Campus de Longueuil, c’est aussi des professeurs avant-gardistes :

  • en économie, c’est le professeur Luc Godbout, qui œuvre  à la Chaire de recherche en fiscalité et finances publiques, que vous avez sûrement déjà lu, vu ou entendu dans les médias, où ses analyses des budgets des gouvernements sont fort appréciées;
  • en toxicomanie, c’est le tandem des professeures Lise Roy et Élise Roy qui, grâce au soutien de la Fondation de l’Hôpital Charles LeMoyne, ont lancé dernièrement une Chaire de recherche en toxicomanie;
  • en sciences infirmières, c’est la professeure émérite Cécile Lambert, véritable pionnière du DEC-BAC, qui a notamment travaillé avec le cegep Édouard-Montpetit;
  • c’est aussi la professeure Isabelle Reeves qui, par ses recherches et à partir de sa pratique à l’Hôpital Charles LeMoyne, a révolutionné les techniques des soins de plaies dans les hôpitaux du Québec.

Et il ne s’agit là que de quelques exemples de ces professeurs qui font la renommée de notre institution, ici même au Campus de Longueuil. En fait, ils sont aujourd’hui des dizaines qui s’y sont établis en permanence, sans compter tous leurs collègues de Sherbrooke pour qui le Campus de Longueuil est une vitrine et un point d’ancrage.

Au niveau de la recherche appliquée, nous comptons sur le Bureau de liaison Entreprises-Université pour mettre nos professeurs en relation avec des entrepreneurs de la région, afin de développer des procédés et des nouveaux marchés. C’est dans cet esprit que nous avons signé une entente de 3 ans avec, entre autres, le MDEIE, DEL, la CRÉ et le CLD de Longueuil pour développer l’innovation dans le grand Longueuil. Une formule gagnante qui a déjà permis la réalisation de nombreux projets prometteurs, dont plusieurs doivent encore demeurer confidentiels parce qu’ils impliquent des questions de brevets.

C’est le cas, par exemple, du projet soutenu par Nano-Québec, de même que de celui mené en collaboration avec l’entreprise Skeltex dont vous avez peut-être déjà entendu parler. En effet, comme le rappelait Madame la mairesse à l’occasion de l’inauguration de notre nouvel édifice, cette entreprise a développé avec nos chercheurs un biociment qui permet de traiter des problèmes de décalcification de la colonne vertébrale. On pourrait également parler d’Unimasoft qui, avec l’aide d’un professeur du Département des lettres et communications, planifie actuellement des bancs d’essai avec le soutien de PROMPT, un programme qui facilite la création de partenariats entre les PME et les universités. Non seulement c’est payant de travailler avec nos professeurs, mais c’est assurément plus facile que vous ne le croyez!

Nos alliances actuelles avec les partenaires du secteur économique, parmi lesquels se trouve bien évidemment la Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud, qui s’avère un précieux partenaire, représentent des perspectives d’avenir stimulantes pour toute la Rive-Sud. Nous avons aussi commencé à nous rapprocher des organismes culturels et à examiner diverses voies de collaboration. Parce qu’il est essentiel, pour nous, que la grande communauté de Longueuil sache qu’elle peut compter sur le soutien de l’ensemble de l’Université de Sherbrooke.

En fait, l’Université de Sherbrooke, par son Campus de Longueuil, souhaite donner à la Montérégie une infrastructure d’enseignement, de recherche et de service à la collectivité que justifie amplement le poids démographique de la région. D’ailleurs, à ce propos, il est bon de rappeler que l’Université de Sherbrooke regroupe déjà 55% des étudiantes et étudiants universitaires de la Montérégie.

Soyons clairs! Nous avons répondu à la demande de la région et nous sommes venus en Montérégie pour offrir des formations originales, pour mener des activités de recherche de haut calibre et pour participer à des partenariats innovateurs, mettant à contribution l’ensemble de nos facultés. Nous avons bien commencé, et nous avons la ferme intention de poursuivre, avec vous, le travail amorcé.

La présence du Campus de Longueuil a déjà des impacts concrets et mesurables. Au premier chef, il faut considérer les retombées économiques de la présence de milliers d’étudiantes et d’étudiants, de leurs professeurs, de tout le personnel qui soutient les activités de formation, de recherche et de gestion, sans parler de la valeur des immobilisations.

Notre partenariat de longue date et notre étroite collaboration avec l’Hôpital Charles LeMoyne sont également riches de retombées pour l’agglomération. Nous avons des représentants à son conseil d’administration et, ensemble, nous développons divers secteurs de recherche. Bientôt, le département de recherche de l’Hôpital occupera un étage et demi de notre nouvel édifice. Cette alliance, dans le domaine névralgique de la santé, contribuera grandement au bien-être des hommes et des femmes qui composent cette communauté, et nous en sommes très fiers.

Bien sûr, certains aspects sont difficilement quantifiables. Pourtant ils n’en sont pas moins significatifs. Ainsi, peut-on imaginer l’impact de notre programme de MBA pour cadres en exercice, plus particulièrement l’impact de tous ces gestionnaires qui sont venus se perfectionner chez-nous. Il ne peut être qu’immense quand on pense que ce programme célèbrera son 20e anniversaire dans un mois et que plus de 75 % de ses diplômés résident sur la Rive-Sud.

Nos stagiaires représentent aussi un important apport de sang neuf et de nouvelles idées. Au cours des 5 dernières années, 3 350 stagiaires ont travaillé en Montérégie, surtout sur la Rive-Sud. Ces étudiantes et étudiants sont chez Pratt & Witney, Bombardier, BRP et Cascades, dans les grandes entreprises, les PME et les cabinets-conseil. Une contribution non négligeable au développement socio-économique, que plusieurs d’entre vous nous ont déjà signalée. Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, il va sans dire que l’embauche de stagiaires est une façon efficace de recruter une relève qui, dès l’obtention du diplôme, devient productive.

Mais les impacts les plus importants sont à venir parce que nous augmenterons encore notre offre de formation, nous multiplierons nos partenariats de recherche avec les entreprises et nous imaginerons des projets à réaliser ensemble pour le développement de la Montérégie et de tout le Québec.

À l’ère où les formations universitaires se décloisonnent et où les concepts d’interdisciplinarité et de multidisciplinarité sont bien présents au sein de la communauté universitaire, le Campus de Longueuil encourage et facilite encore plus cette nouvelle tendance.

Dès mon entrée en fonction, j’ai voulu maintenir l’engagement de mon prédécesseur, en nommant un membre du comité de direction responsable du Campus de Longueuil. En fait, je peux dire avec fierté que je suis allée au-delà de la position initiale. J’ai soumis au conseil d’administration de l’Université une équipe de direction qui comprend une personne dont la responsabilité principale est la direction du Campus de Longueuil et dont le lieu de travail permanent est ce même Campus.

Depuis janvier 2010, le Campus de Longueuil offre un tout nouveau milieu de vie à sa communauté et nous en sommes extrêmement fiers. Plusieurs espaces communs, dont les salons d’études et l’oasis de verdure, permettent aux étudiantes et étudiants d’interagir fréquemment, peu importe leur domaine d’études. C’est un milieu convivial et un lieu d’échanges riches où le réseautage est propice. Les nouvelles installations permettent également l’organisation d’activités académiques, culturelles et sociales favorisant une vie étudiante des plus enrichissantes.

La construction d’un édifice de 16 étages de plus de 125 millions de dollars représente le geste le plus important posé par notre institution pour son enracinement en Montérégie.

Mais nous voulons davantage pour la Montérégie. Nous voulons que ce Campus soit ouvert sur la société et sur le monde. Nous souhaitons qu’il devienne un lieu de synergie entre les universités québécoises et que cette synergie se fasse au bénéfice de la Montérégie, de la Communauté métropolitaine de Montréal et de l’ensemble du Québec. Dans cette optique, nous avons d’ailleurs invité d’autres universités à se joindre à nous, et certaines ont déjà manifesté de l’intérêt…

À l’échelle régionale, il faut identifier les facteurs contribuant à maximiser les perspectives de développement. Le défi n’est pas simple. Comment assurer le développement d’une région dans une économie de plus en plus mondialisée où les grands centres constituent bien sûr des pôles d’attraction importants ? Le titre d’une récente étude de l’OCDE illustre bien notre perspective : « Enseignement supérieur et régions : concurrence mondiale, engagement local ». Parmi nos atouts et nos caractéristiques propres, la concertation des partenaires me semble un élément clé. Ce n’est qu’en travaillant ensemble sur des projets concrets que nous serons à même d’assurer le développement harmonieux de notre région. Un développement qui permettra de concilier les enjeux économiques, environnementaux et sociaux.

J’aimerais vous proposer de regarder notre nouvel édifice comme un symbole d’un nouveau type de développement. Du haut de ses 16 étages, il permet de voir loin. Son interconnexion avec le métro et le réseau de transport collectif en font un carrefour où des gens de tous horizons se croisent et échangent, contribuant à façonner une nouvelle culture mondiale à visage humain.

Mais cet édifice, aussi élégant et significatif soit-il, ne doit pas être qu’un symbole. Il doit être le lieu de rencontres porteuses, entre des personnes ouvertes à la collaboration et à l’innovation. Mon message est simple, nous allons à votre rencontre et je suis convaincue, comme Lyne Bouchard et mes autres collègues de la direction de l’Université et de ses facultés, que nous sommes au début d’une étape du développement de la Montérégie qui marquera son histoire.

Vous le savez, le Québec vit actuellement une période de turbulence. Des enjeux économiques, démographiques et sociaux nous interpellent toutes et tous.

Je ne peux me présenter devant vous aujourd’hui sans vous faire part d’une très grande préoccupation, une préoccupation si importante que je tiens à la partager avec vous. Avec vous, gens d’affaires du commerce, de l’industrie, du génie-conseil et d’ailleurs parce qu’à mon humble avis, c’est de notre avenir collectif qu’il s’agit, du nôtre et de celui de nos enfants.

Depuis mon entrée en fonction, je me suis donné, parmi d’autres missions, celle de promouvoir l’éducation. Vous me direz que personne n’est contre l’éducation. Moi je veux davantage, je veux vraiment la promouvoir au sens le plus propre du terme, la faire avancer, la placer en avant, en faire la priorité. L’éducation est le plus formidable moyen dont une société peut disposer pour faire avancer ses membres et c’est pourquoi je vous demande d’en devenir les ardents défenseurs.

Nous parlons souvent, et à juste titre, des problèmes de décrochage chez les jeunes du Québec. Pourtant, selon le rapport sur l’éducation 2009 de l’OCDE, c’est l’ensemble du Canada qui se classe sous la moyenne des pays de l’OCDE. Au niveau de la diplômation universitaire, le Québec se situe sous la moyenne canadienne, qui est elle-même sous la moyenne américaine, elle-même sous la moyenne des pays de l’OCDE… Nous avons fait du progrès mais il nous reste beaucoup à faire encore.

Par l’éducation, nous pouvons contrer la pauvreté, nous pouvons favoriser la citoyenneté, protéger l’environnement, comprendre la culture de l’autre et favoriser la tolérance.

J’ai décidé, pour toutes ces raisons, de défendre l’éducation afin qu’elle puisse donner tous les fruits que nous sommes en droit d’attendre d’elle.

Je suis fermement convaincue que nous devons lutter contre le décrochage scolaire à tous les ordres d’enseignement, particulièrement au secondaire. Personne dans le Québec de demain ne peut s’attendre à une vie valorisante et productive sur le marché du travail sans un diplôme d’études secondaires. Chaque jeune qui décroche est une perte pour toute la société. Regardez autour de vous et traquez ce fléau de notre système d’éducation. Vous avez réussi, vous avez fait des études, prenez un ou plusieurs jeunes sous votre aile et encouragez-les dans ce qui est sans doute le projet le plus important de leur vie, leurs études. En tant qu’employeurs, laissez-leur le temps de bien étudier.

Je suis d’avis que les premières années de la formation doivent permettre l’acquisition de connaissances de base, celles qui nous permettent de maîtriser notre vie, notre environnement. Savoir lire, écrire, compter et le faire bien pour participer à la société, s’inscrire dans la vie citoyenne, connaître, comprendre et apprécier son histoire, sa culture et son fonctionnement et apprivoiser la science. Être libre, par l’éducation, de choisir sa vie, de choisir sa voie et de sentir que l’on contribue, en retour, à cette société qui nous accueille.

Je ne ferai pas ici de discours pour ou contre l’une ou l’autre méthode, l’intérêt que présente une réforme, une refonte ou autre changement. Je veux simplement rappeler que la relation entre un élève et son maître peut être le passage le plus marquant d’une vie et que ces précieuses rencontres doivent se produire le plus souvent possible.

On dit beaucoup de choses concernant les universités, ici et ailleurs. Je voudrais encore une fois que vous m’aidiez à défendre un point de vue bien simple : les universités sont le levier de développement le plus efficace parce qu’elles forment des personnes par l’enseignement et par la recherche. Les universités forment des personnes qui font que la société se développe et qui la remettent en question pour la faire évoluer. C’est aussi simple que cela. Pour continuer notre travail, nous avons besoin que la société comprenne la valeur de notre contribution. La Révolution tranquille, en cinquante ans, a réussi à propulser le Québec à l’avant-plan dans plusieurs domaines. Cette étape de notre développement collectif a été alimentée par l’éducation. Le travail n’est pas terminé, il faut continuer.

Continuer pour moi veut dire :

  • accroître l’accessibilité aux études collégiales et universitaires, d’une façon ou d’une autre;
  • permettre la mise à jour des connaissances et le perfectionnement de toutes les catégories professionnelles, durant toute la carrière;
  • faire en sorte que la recherche, fondamentale ou appliquée, demeure, au-delà de sa valeur en soi, un extraordinaire moyen de formation;
  • développer des stratégies d’apprentissage qui, de la maternelle à l’université, permettent d’intégrer des habiletés et des connaissances, des plus simples aux plus complexes;
  • assurer aux universités québécoises un apport de ressources humaines, matérielles et financières qui leur permet de concurrencer les meilleures pour que leurs diplômés puissent aussi concurrencer les meilleurs;
  • créer des liens avec les entreprises, les communautés, les autres ordres d’enseignement pour conserver sans cesse la pertinence de l’offre de service;
  • donner à la science la place qui lui revient dans une société moderne;
  • faire en sorte que de plus en plus de personnes atteignent le plus grand objectif de la formation universitaire : apprendre à apprendre.

Ainsi, nous pourrons nous inscrire dans la grande mouvance mondiale qui, de plus en plus, permet la reconnaissance, la prospérité et l’autonomie.

Redevenons fiers de notre système d’éducation!

Merci.