Allocution de la professeure Luce Samoisette, rectrice de l'Université de Sherbrooke, à l'occasion de la Collation des grades de l'Université de Sherbrooke

Sherbrooke

Le 25 septembre 2010

Monseigneur le chancelier,
Monsieur le président du conseil d’administration,
Madame et messieurs les docteurs d'honneur,
Messieurs les professeurs émérites,
Monsieur le président de La Fondation de l'Université de Sherbrooke,
Distingués invités,
Chers collègues et amis professeurs, doyennes et doyens,  vice-rectrices et vice-recteurs,
Monsieur le directeur du Service des relations avec les diplômés,
Chers parents et amis de nos diplômés,
Très chers diplômés,

Au nom de l'Université de Sherbrooke, je vous souhaite la plus cordiale des bienvenues à la collation des grades 2010.

Le moment que nous vivons ensemble aujourd'hui est l'un des plus importants de la vie universitaire. Non seulement il témoigne de la fin d'un cycle, plus ou moins long suivant que l'on soit au baccalauréat, à la maîtrise ou au doctorat, mais il annonce également un départ imminent vers de nouveaux horizons. 

Aujourd'hui, nous prenons le temps de vous exprimer, à vous, nos 3940 nouveaux diplômés, à quel point nous sommes fiers de ce que vous avez accompli. Au cours des dernières années, vous êtes allés au bout de vous-mêmes, au bout de votre ambition. Petit à petit, jour après jour, vous vous êtes forgé un savoir-faire tout en développant votre savoir-être, vous vous êtes donné une liberté inestimable, celle de l'universitaire.

Cet accomplissement, chers diplômés, il est bien sûr le vôtre, mais il est également le fruit d'une œuvre collective. Lors de votre passage à l'Université de Sherbrooke, votre Université, vous avez bénéficié du dévouement de professeurs et de chargés de cours chevronnés, de même que du soutien indéfectible de tous nos employés. Chaque jour, les uns et les autres se consacrent avec passion à la noble vocation de notre institution : celle de former la relève.

En ce sens, l'Université est un acteur incontournable du développement de la société. Elle est un milieu vivant, en constante évolution, en phase avec le devenir de la population. Elle est le terreau duquel émergent les savoirs, un terreau qui s'enrichit perpétuellement au contact des générations qui s'y relaient. Autant les personnes qui le fréquentent peuvent s'y nourrir, autant elles contribuent à son enrichissement.

C'est dans ce terreau fertile que se sont développées vos racines universitaires.  Grâce à ces bases solides et durables, vos connaissances seront mises à contribution aux quatre coins du globe. Grâce à elles, vous vous ancrerez en toute confiance dans la vie, dans la société et dans le monde; grâce à ces racines fortes et durables, vous pourrez également profiter de la puissance du nombre, car vous faites dorénavant partie d'un Réseau, celui des diplômés de l'Université de Sherbrooke.

Le diplôme que vous recevrez aujourd'hui est reconnu à travers le monde grâce au talent et à la notoriété de vos prédécesseurs, ces hommes et ces femmes qui, depuis 1954, ont choisi l'Université de Sherbrooke. Bientôt, ce sera votre tour d'investir le monde du travail, bientôt vous deviendrez les nouveaux porte-étendards de notre Université. Ce faisant, par la qualité de votre travail, par ce que vous choisirez de faire de votre bagage universitaire, vous donnerez à votre tour une valeur ajoutée aux diplômes de l'Université de Sherbrooke.

À ce propos, j’aimerais souligner la présence de 38  diplômés très spéciaux, des hommes et des femmes qui ont vécu ces mêmes moments en 1960 et qui célèbrent avec nous les 50 ans de l'obtention de leur diplôme. Finissantes et Finissants, Mesdames et Messieurs, je vous invite à applaudir chaleureusement nos diplômés cinquantenaires 2010.

Merci d’avoir choisi d'étudier ici pour vous bâtir un avenir prometteur. Par votre confiance en la jeune Université de Sherbrooke de l'époque, vous avez contribué à ce qu'elle devienne l'institution universitaire de renommée mondiale qu'elle est maintenant. Merci d’être ici avec nous, aujourd’hui.

Quant à vous, « jeunes » diplômés, ils sont nombreux les défis qui vous attendent. Comme vous le savez, le système économique mondial a été récemment malmené ; malheureusement, encore aujourd’hui, des attentats et des guerres remettent chaque jour en cause l'équilibre relatif de nos sociétés ; sur tous les continents, des hommes et des femmes cherchent encore à joindre les rangs de celles et ceux qui n'ont pas à lutter sans cesse pour leur survie ; en plusieurs endroits sur la planète, on perturbe l'environnement qui a vu naître et se développer les humains que nous sommes.

Bien sûr, le fardeau de trouver des solutions à tous ces problèmes ne repose pas que sur vos seules épaules. Nous sommes tous concernés. Néanmoins, je suis convaincue que vous saurez, par ce que vous êtes, ouvrir de nouvelles pistes de solutions. Vous portez en vous un alliage de qualités des plus prometteurs, fait notamment d'un profond respect pour la nature, d'une grande ouverture d'esprit et de la volonté de vous lier les uns aux autres.

S'il est vrai que votre diplôme universitaire vous ouvre d'innombrables possibilités, qu'il vous place aux premières loges des défis d'aujourd'hui et de demain, il n'en demeure pas moins qu'il comporte également un certain nombre de devoirs. Et parmi ceux-ci, il en est un sur lequel je ne peux m'empêcher d'attirer votre attention, celui de la promotion de l’éducation.

Vous me direz que personne n’est contre l’éducation. C’est vrai, mais il faut davantage, il faut la promouvoir au sens le plus propre du terme, la faire avancer, la placer en avant, en faire la priorité. L’éducation est le plus formidable moyen dont une société dispose pour faire avancer ses membres, et c’est pourquoi je vous demande d’en devenir les ardents défenseurs.

Par l’éducation, nous pouvons contrer la pauvreté, nous pouvons favoriser la citoyenneté, protéger l’environnement, comprendre la culture de l’autre et favoriser la tolérance. L’éducation rend libre, libre de choisir sa vie, choisir sa voie et de sentir que l’on contribue, en retour, à cette société qui nous accueille.

On dit beaucoup de choses concernant les universités, ici et ailleurs. Au final, il n’en demeure pas moins que les universités sont le levier de développement le plus efficace qui soit, tout simplement parce qu’elles forment des personnes qui vont développer la société et la faire évoluer en la remettant sans cesse en question. C’est aussi simple que cela.

Pour continuer notre développement, nous avons besoin que la société comprenne la valeur de notre contribution. La Révolution tranquille, en cinquante ans, a réussi à propulser le Québec à l’avant-plan dans plusieurs domaines, et cette étape de notre développement collectif a été alimentée par rien de moins que l’éducation. Mais le travail n’est pas terminé, il faut continuer, et continuer veut dire :

  • accroître l’accessibilité aux études collégiales et universitaires;
  • permettre le perfectionnement de toutes les catégories professionnelles, durant toute la carrière;
  • faire en sorte que la recherche, fondamentale ou appliquée, et la création demeurent, au-delà de leur valeur en soi, d’extraordinaires moyens de formation;
  • développer des stratégies d’apprentissage qui, de la maternelle à l’université, permettent d’intégrer des habiletés et des connaissances, des plus simples aux plus complexes;
  • faire en sorte que de plus en plus de personnes atteignent le plus grand objectif de la formation universitaire : apprendre à apprendre.

Ainsi, nous pourrons nous inscrire dans la grande mouvance mondiale qui, de plus en plus, permet la reconnaissance, la prospérité et l’autonomie.

Chers diplômés, le monde s'offre maintenant à vous dans toute sa beauté et toute sa complexité. Il vous appartient désormais de le modeler à votre façon. Que vous soyez enseignant, biologiste, médecin, historien, éducateur physique, comptable, docteur en théologie, juriste ou ingénieur ; que vous soyez originaire du Québec ou encore du Burundi, du Japon, de la France, de l’Australie ou du Mexique ; vous êtes dorénavant porteurs de savoirs qu'il vous appartient de mettre à profit pour le bien collectif.

Au nom de la communauté universitaire, je vous offre mes plus sincères félicitations. À toutes et à tous, longue et belle vie. Soyez fiers de vos racines et n'hésitez pas à porter les couleurs de votre alma mater où que vous soyez dans le monde, en particulier peut-être le 4 mai de chaque année, à l'occasion de la date anniversaire de la création de notre Université. Revenez nous voir. Vous êtes toujours les bienvenus chez vous.