Allocution de monsieur Bruno-Marie Béchard,
recteur de l'Université de Sherbrooke,
à l'occasion de la Semaine de l'Université de Sherbrooke au Benelux

Bruxelles, le 17 mars 2003
Luxembourg, le 21 mars 2003

Distingués invitées et invités,
Mesdames, Messieurs,

Je vous remercie de votre accueil et de l'occasion que vous me donnez de présenter l'Université que j'ai l'honneur de présider à Sherbrooke au Québec.

J'aimerais d'abord situer la région de Sherbrooke, puis dresser un court bilan de l'Université de Sherbrooke à l'approche de son cinquantième anniversaire en 2004. Ensuite, j'esquisserai ma conception de l'université dans la société du savoir. Enfin, je montrerai comment l'Université de Sherbrooke s'inscrit dans ce courant en réinventant ses interactions, en concertation avec les milieux nationaux et internationaux, et notamment en développant deux modèles de pôles universitaires.

1. La région de Sherbrooke

Sherbrooke est une communauté de 145 000 personnes située au sud du Québec, à 150 kilomètres de Montréal et à une demi-heure de la frontière des États-Unis, dans la région que l'on nomme Cantons-de-l'Est, ou Estrie. Sherbrooke bénéficie d'une position stratégique au centre du triangle technologique que forment Montréal, Québec et la Nouvelle-Angleterre, nom historique que l'on donne à la région du nord-est des États-Unis.

Toute la région sherbrookoise est ainsi fortement colorée par une activité universitaire particulièrement dense avec neuf institutions, dont l'Université de Sherbrooke, que j'ai maintenant le plaisir de vous présenter.

2. L'Université de Sherbrooke

Quarante-neuf ans après sa fondation, l'Université de Sherbrooke est un succès retentissant parmi les universités québécoises. Elle compte 90 000 diplômées et diplômés, et accueille cette année 30 000 étudiantes et étudiants, dont la moitié à temps complet. Cinq mille deux cents personnes y travaillent, dont plus de 1500 praticiens chargés de cours ou d'enseignement clinique. Seule université du Québec à ne plus être endettée depuis quatre ans, son budget de fonctionnement annuel atteint 250 millions de dollars (ou 160 millions d'euros), en plus de son budget d'investissement et de ses fonds de dotation.

Ensemble, ses neuf facultés offrent quelque 230 programmes dans toutes les grandes disciplines : administration; droit; éducation; éducation physique et sportive; génie, lettres et sciences humaines; médecine; sciences; théologie, éthique et philosophie. L'essentiel de nos activités se déroule sur trois campus : le Campus principal du mont Bellevue et celui de la Santé qui sont situés à Sherbrooke, ainsi que le Campus de Longueuil, établi sur la Rive-Sud de Montréal.

L'Université de Sherbrooke est la seule université complète au Québec à être ainsi localisée hors des grands centres urbains de Montréal et Québec, ce qui lui confère un environnement exceptionnel. Sa réputation d'excellence et la variété de ses programmes, sa dimension humaine ainsi que son approche pratique en font un véritable pôle d'attraction, au point où 80 % de sa population étudiante provient de l'extérieur de la région où elle est basée. Nous sommes particulièrement reconnus pour avoir été la première université francophone au Canada à déployer le système d'alternance études-travail que nous appelons « régime coopératif de stages ». Près de 2000 entreprises coopèrent à ce régime en offrant annuellement 4000 stages qui procurent à nos étudiants une expérience de travail pertinente rémunérée à hauteur de 30 millions de dollars par année en salaires (ou 19 millions d'euros).

L'Université de Sherbrooke est une université d'envergure internationale, dont le territoire s'étend au Monde. Notre champ de pratique s'étale partout où notre expertise intervient, partout où se forme notre population étudiante, partout où nos stagiaires enrichissent les entreprises et les organisations. Par exemple, de nombreux programmes d'études de l'Université de Sherbrooke sont régulièrement dispensés dans 52 villes au Québec et dans une vingtaine d'autres ailleurs dans le Monde, notamment au Brésil, au Maroc, au Chili, en Colombie, en France, en Suisse et ici même en Belgique.

Cette jeune université, particulièrement collaborante et innovante, est en voie de réinventer ses interactions en participant au développement de la société dans laquelle elle s'insère activement. Elle est notamment l'instigatrice des deux seuls pôles universitaires existants au pays, comme nous le verrons un peu plus loin.

La renommée grandissante de l'UdeS

Malgré son jeune âge, l'Université de Sherbrooke jouit déjà d'une forte renommée. L'automne dernier, sept grands journaux ont publié à 700 000 exemplaires, à la grandeur du Québec et en Ontario, un large éventail des recherches de nos professeurs, depuis le voyage au centre du corps humain jusqu'à l'odyssée canadienne sur Mars.

Selon une vaste étude pancanadienne sur l'appréciation par les étudiants universitaires, l'Université de Sherbrooke se classe meilleure université francophone au Canada et troisième au pays. Ce classement est obtenu, entre autres, grâce à notre régime coopératif de stages, à la qualité des services que nous offrons, aux relations personnalisées avec nos professeurs et à notre infrastructure technologique ultramoderne.

Aussi, les réseaux internationaux BBC et EuroNews ont diffusé un documentaire en cinq langues sur l'Université de Sherbrooke, la seule université au Canada et la seule francophone d'Amérique à être présentée dans cette série sur les universités du Monde qui se distinguent particulièrement et qui connaissent des succès hors du commun. Ainsi, 300 millions de téléspectateurs sur les cinq continents ont appris notamment que l'Université de Sherbrooke est la championne canadienne en matière de redevances sur ses inventions, que notre Faculté d'administration est reconnue comme meilleure école de finance au Monde francophone, et que notre Faculté de médecine est la seule au pays et dans la Francophonie à être choisie centre collaborateur de l'Organisation mondiale de la santé pour l'excellence de notre enseignement médical.

Enfin, la Société Radio-Canada vient de décerner le titre de scientifique de l'année à notre professeur Louis Taillefer, l'un des plus brillants physiciens au Monde, que l'Université de Sherbrooke est très heureuse d'avoir rapatrié au Québec.

3. L'Université dans la société du savoir

Alors que, dans le passé, la prospérité a été tour à tour déterminée par la possession de ressources naturelles, d'industries manufacturières et de capital, la connaissance est aujourd'hui le facteur primordial du développement social et économique. Dans cette nouvelle société du savoir, la contribution universitaire à la création, à la recherche et au développement joue un rôle essentiel. Ainsi, l'éducation et le développement des connaissances sont devenus la voie royale vers le mieux-être des sociétés.

Le nouveau courant universitaire

Dès sa création en 1954, l'Université de Sherbrooke a anticipé le nécessaire équilibre entre la connaissance, la recherche et la pratique. Ses bâtisseurs ont pris des initiatives de formation continue, décentrée, très attentive aux intervenants dans la société. Ses modèles coopératifs d'alternance théorie-pratique, sa formation révolutionnaire des médecins, sa formation intégrée aux trois cycles en biotechnologie, son régime de partenariat à la maîtrise et au doctorat où l'étudiant-employé réalise sa recherche en industrie, ne sont que quelques exemples de l'approche sherbrookoise qui se situe de plain-pied dans l'université collaborante en émergence.

L'Université de Sherbrooke entretient un lien historique étroit avec le milieu, car l'élite sociale, académique, professionnelle et d'affaires de l'époque de sa création rêvait d'une institution orientée vers la pratique. En synthétisant les différentes opérations de réflexion et de planification qu'elle a réalisées, l'Université de Sherbrooke incarne l'idée d'une université :

  • À la fois ancrée dans son environnement et résolument interconnectée dans le Monde;
  • Orientée vers la formation humaine intégrale (savoir, savoir-être et savoir-faire) sur la base de compétences académiques et professionnelles, de qualités personnelles et d'esprit d'équipe et d'invention;
  • Mobilisant toute sa communauté universitaire pour accélérer le rythme de la recherche et adapter continuellement l'enseignement aux besoins de la société.

L'Université de Sherbrooke est ainsi fortement engagée à coupler la science à la pratique, en symbiose avec les milieux et ouverte à l'international. En ce sens, elle incarne au Québec le nouveau courant de l'université moderne en profonde mutation.

Selon la conception élaborée par Humboldt lors de la création de l'Université de Berlin en 1809, certains universitaires inculquent des connaissances utiles pour l'exercice d'une profession. D'autres transmettent le savoir de génération en génération pour former des personnes cultivées dans la lignée de Newman, qui a fondé l'Université de Dublin en 1852.

Sur ces concepts se sont développées les visions utilitariste et idéaliste de l'université. À une extrémité, l'université est vue comme « une sorte d'usine à fabriquer des diplômés en réponse aux besoins du marché du travail ». À l'autre extrémité, on la considère comme le lieu d'exercice de la fonction critique « sans égard aux débouchés sur le marché du travail ». Dans le premier cas, la recherche se tourne vers les applications concrètes et accroît la compétitivité, tandis que dans le second, sa distance semble une condition d'excellence et d'authenticité.

Dans son rapport final déposé en 2000, la Commission (québécoise) des universités sur les programmes a proposé un équilibre entre ces deux conceptions de la mission universitaire. Pour la Commission, l'université doit être : un carrefour de réflexion « à l'écoute de la société et attentive à ses besoins »; un milieu d'éducation à l'esprit critique qui prépare en même temps des spécialistes en alliant « formation personnelle et formation professionnelle »; un lieu de recherche à la fois fondamentale et appliquée qui contribue « au transfert des connaissances vers la société du savoir ».

Voilà les deux cadres de référence qui servaient généralement à définir l'université au Québec et dans le Monde. Mais depuis le début des années 80, un troisième cadre de référence émerge, compte tenu de l'explosion de la connaissance, de la mondialisation, des nouvelles valeurs montantes et des attentes diversifiées à l'égard des universités. C'est ce que le sociologue Guy Rocher, l'un des plus grands penseurs du système d'éducation au Québec, a appelé la troisième génération d'universités.

Dans un document sur l'enseignement supérieur au XXIe siècle publié pour l'UNESCO, le secrétaire général de l'Association des universités du Commonwealth, Michael Gibbons, montre que la poursuite du savoir cesse d'être une fin en soi au profit du service à la société en tant que promotion de la qualité de vie. Ainsi, l'université doit désormais participer activement à la performance économique globale tout en sauvegardant sa spécificité séculaire, à savoir sa liberté de pensée et son esprit critique. Elle sera aussi de plus en plus interpellée comme acteur significatif dans l'élaboration de ce que l'on nomme dorénavant la société civile, lieu de médiation entre le privé et le public.

Les dernières politiques québécoises en matière d'université, de sciences et d'innovation vont également dans le sens de cette mutation de l'activité universitaire. Elles mettent l'accent sur le besoin d'accélérer la cadence vers la société du savoir sur laquelle reposent de plus en plus la croissance économique, la création d'emplois et la qualité de vie en société. L'approche québécoise s'adresse à toutes les étapes qui jalonnent le processus d'innovation : la production des connaissances, leur valorisation, leur diffusion auprès des utilisateurs dans les entreprises, organismes et collectivités, ainsi que leur appropriation par ces mêmes utilisateurs dans leurs modes de production ou d'intervention, dans leurs produits et services. En outre, il est désormais question d'innovations sociales, organisationnelles, pédagogiques ou relatives aux modes d'intervention. Toutes ces avancées profitent autant aux entreprises et aux milieux de pratique, qu'aux domaines de l'éducation, de la santé et des services sociaux.

La synergie université-entreprises interconnecte et interféconde les secteurs académique, privé, public et parapublic. En débridant l'innovation, l'interaction permet d'accroître le leadership national et la compétitivité internationale, et d'offrir des carrières stimulantes aux jeunes chercheurs. D'ailleurs, le recrutement de personnel hautement qualifié est devenu un enjeu majeur pour l'industrie et les institutions.

La nouvelle université est donc à la fois apprenante et entreprenante. En enseignement, elle assure maintenant à la fois une formation fondamentale et une formation continue à la fine pointe. En recherche, elle opère le maillage entre son corps professoral et les communautés d'intérêts pour créer de nouveaux savoirs. Ainsi, en partenariat avec les organismes et les entrepreneurs, elle accélère et stimule la production et l'exploitation des connaissances par l'aide au démarrage d'entreprises et de centres de recherche.

La nouvelle université multidisciplinaire

Cette profonde transformation du rôle des universités amène également une autre mutation importante. Au milieu du XXe siècle, la formation était essentiellement axée sur la spécialisation dans un nombre croissant de champs d'investigation. Aujourd'hui, le rayonnement de la science et des scientifiques s'étend à toute une société dont le savoir, sous toutes ses formes, passe de plus en plus aux mains des praticiens. Une partie grandissante des connaissances glisse donc d'une communauté d'intérêts disciplinaires à un contexte d'application transdisciplinaire, avec une responsabilité sociale accrue.

Le nouveau modèle multidimensionnel maintient en partie le modèle disciplinaire traditionnel, tout en intégrant des processus plus vastes d'innovation, de concurrence ou de coopération, et de développement socioéconomique. L'impact de ces nouveaux espaces universitaires sur la société dépasse largement le seul objectif économique pour inclure la préoccupation du bien-être, comme c'est le cas par exemple dans les recherches sur le vieillissement que mène l'Université de Sherbrooke.

Les créneaux les plus prometteurs se situent maintenant au carrefour et dans les interstices des disciplines traditionnelles, notamment en nanotechnologie, en anthropologie médicale, en gérontologie, en géomatique, en imagerie numérique, en génie des matériaux, etc. Cette approche systémique s'intéresse aux entités complexes comme le cerveau, la cité, l'environnement, le climat, la santé communautaire, le commerce électronique, etc. Soutenues par les politiques et mécanismes d'appui des gouvernements, les universités québécoises, chacune à son rythme, ont pris ce tournant « réticulaire », c'est-à-dire en réseau, sous la forme de chaire, d'action concertée ou de centre d'excellence.

Par exemple, en se regroupant, 40 professeurs de 13 départements répartis dans 5 facultés de l'Université de Sherbrooke font de l'Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke un champion du réseautage transfacultaire. Véritable modèle du développement à l'interface des disciplines, son centre de recherche fait appel à un ensemble de spécialités et de méthodes fondées sur des travaux qualitatifs et quantitatifs aussi bien que fondamentaux, cliniques, épidémiologiques et psychosociaux, pour couvrir tous les aspects du vieillissement.

Pour sa part, l'Institut des matériaux et systèmes intelligents créé en l'an 2000 rassemble 125 professeurs de 4 facultés autour du concept intégrateur de l'intelligence ajoutée ou naturelle qui va de l'atome à l'application. Cet institut polyvalent et de taille flexible stimule la créativité, active le processus d'innovation et outille l'Université de Sherbrooke pour mieux répondre aux besoins de la société en matériaux ingénieux, structures et systèmes intelligents.

Notre nouvel Observatoire de l'environnement et du développement durable réunit 50 professeurs dans 15 disciplines telles que biologie, génie civil, géographie, télédétection, éthique, philosophie et administration. Ils travaillent de concert avec les autres institutions du Pôle universitaire de Sherbrooke sur les écosystèmes terrestres, les changements environnementaux, les risques et impacts des innovations technologiques, la gestion de l'eau, de l'énergie et des résidus.

Dans cette profonde mutation, la leçon magistrale, le séminaire et le débat qui remontent à l'époque médiévale côtoient désormais de nouvelles méthodes d'apprentissage par problèmes, par projets, par stages et par compétences que nous avons beaucoup développées à l'Université de Sherbrooke et qui font notre renommée. Ainsi, l'université du XXIe siècle, qui demeure gardienne des grades académiques, continue de jouer plusieurs rôles à des degrés divers selon les institutions : l'éducation libérale, la formation professionnelle, la formation continue, l'intégration sociale, le réseautage, la sélection des élites académiques, ainsi que la création, le contrôle et le transfert des connaissances.

L'Université de Sherbrooke fait d'ailleurs partie des universités qui pressent le rythme de la recherche. Outre qu'elles transmettent les connaissances par l'enseignement, ces universités fortes en recherche contribuent au progrès du savoir et à son transfert dans la société.

La voie du partenariat

Non seulement l'université de recherche développe-t-elle de multiples liens entre les disciplines, mais elle s'engage aussi résolument dans de nombreux partenariats externes. Par exemple, partout dans le Monde, des milliers de parcs scientifiques et technologiques poussent comme des champignons. Malgré leurs missions et leurs formes variées, ils visent tous à activer la production et l'exploitation des connaissances au sein d'un creuset où se retrouve, à proximité d'un campus, une masse critique de chercheurs et d'entreprises à haute intensité de savoir. Ces alliances entre le capital intellectuel, le capital financier et le capital entrepreneurial rassemblent des centaines, voire des milliers de personnes.

Dans cette optique, à titre d'exemple, l'Université de Sherbrooke a été l'instigatrice du Consortium de recherche et d'innovation en aérospatiale du Québec (CRIAQ). Les partenaires fondateurs sont les sept institutions universitaires actives en aérospatiale et sept des principales entreprises dans le domaine, avec le soutien du gouvernement du Québec.

Pour faire face aux défis des problématiques et au nouveau monde du XXIe siècle, les universités de « troisième génération » devront faire de plus en plus de partenariats locaux, régionaux, souvent nationaux et maintenant aussi internationaux. Dans son dernier rapport annuel, le Conseil supérieur de l'éducation du Québec souhaite aussi un meilleur esprit de collaboration entre les établissements en ce qui a trait à l'enseignement, à l'instar de ce qui se fait actuellement en recherche. L'Université de Sherbrooke est déjà engagée de manière significative dans chacune de ces dimensions du partenariat.

La liberté académique

Que les projets soient réalisés avec les entreprises, les organismes gouvernementaux, parapublics ou communautaires, ou encore les milieux artistique et littéraire, ils demeurent subordonnés à la mission universitaire qui consiste en la formation supérieure, en l'avancement et en la diffusion des connaissances ainsi que dans la fonction critique.

Le professeur est une personne consciente que les résultats qu'il obtient peuvent changer la vie de ses concitoyens : produits, bien sûr, mais aussi culture, sens, qualité de vie, etc. L'éthique, la saine gestion, le règlement des différends, la psychologie appliquée, les liens entre le droit et la biotechnologie, l'aide aux élèves qui réussissent moins bien en classe, la formation des maîtres du préscolaire à l'universitaire, aussi bien que l'étude sur les mots qui nomment les choses et les émotions, fournissent autant d'exemples du rôle que la recherche à l'Université de Sherbrooke joue pour le bien-être global de la société. Au bout du compte, service à la société et partenariat avec l'entreprise ne s'opposent pas, ils se complètent.

Notre défi consiste à jouer nos nouveaux rôles en sauvegardant notre liberté académique et notre fonction critique. En d'autres termes, les professeurs doivent rester autonomes dans la poursuite d'activités de recherche et de formation à la fine pointe de leur domaine. L'intégration et le développement des nouvelles approches qu'impose la révolution du savoir doivent se faire sans diminuer le rôle distinctif du professeur et de l'université dans la société.

Tout en étant partie prenante de cette nouvelle société du savoir, le corps professoral doit ainsi préserver et affirmer sa liberté. Loin de se replier dans une nostalgie du passé, il s'agit de préserver la quête désintéressée de culture et de sens qui doit rester un trait distinctif de l'université, un des bastions de la liberté de penser telle que définie par Pascal.

Dans la société du savoir, l'éducation générale ou libérale doit rester forte pour que la formation universitaire ait une valeur ajoutée pour les prochaines décennies, et pas seulement pour l'avenir immédiat. Ce qui demeure fondamental dans l'université, c'est sa capacité de forger l'étudiant et de nourrir sa passion en lui permettant d'apprendre à penser et à s'adapter, quelle que soit sa discipline. Ainsi, nous avons le devoir de former les générations montantes qui aspirent à satisfaire les besoins et les attentes de la société.

4. La concertation à l'échelon national et international

Selon un vieil adage populaire, il n'est pas bon que l'homme soit seul : ainsi en est-il pour l'université. Les partenariats deviennent en effet déterminants pour permettre aux universités de croître dans un environnement global de plus en plus ouvert qui laisse peu de chances de survie à l'image dépassée des universités isolées dans leur tour d'ivoire.

L'intensification des relations entreprises-Université

Des liens de partenariat unissent depuis sa naissance l'Université de Sherbrooke et les milieux de travail, autant pour l'enseignement et la recherche que pour le transfert technologique. Nous excellons dans la création de nouvelles co-entreprises qui associent les professeures et professeurs, l'Université et l'entrepreneuriat, en vue de valoriser les découvertes réalisées dans nos laboratoires. En seulement 49 ans d'existence, l'Université détient déjà plus de 300 brevets, a créé 19 « spin-offs » et est en train d'en structurer 9 autres; elle jouit d'un taux de transfert exceptionnel de 51 %, soit plus d'une invention sur deux qui est valorisée.

Nous détenons aussi le meilleur rendement canadien et l'un des meilleurs au Monde en ce qui concerne les redevances perçues sur nos inventions en regard des montants reçus pour le financement de la recherche. Pour illustrer cette performance, le taux de redevances sur les budgets de recherche de l'Université de Sherbrooke est 20 fois supérieur à celui du célèbre Massachusetts Institute of Technology (ou MIT) aux États-Unis.

Par ailleurs, en 2001-2002 seulement, nous avons conclu 14 ententes de partenariat avec l'industrie et signé 334 contrats de recherche pour une valeur de 9 millions de dollars (ou 6 millions d'euros). Bien que la recherche en partenariat soit davantage appliquée, elle s'appuie sur la recherche fondamentale qu'elle stimule dans l'ensemble des domaines, incluant les sciences humaines et sociales, les arts et lettres, l'éducation et l'administration.

Au Bureau de liaison entreprises-Université, que l'on appelle aussi le BLEU, nous avons constitué une solide équipe de professionnelles et professionnels spécialisés dans le secteur biomédical, le génie, les sciences et les sciences humaines. Ces ressources travaillent à développer des partenariats avec l'entreprise privée et à favoriser les retombées de nos recherches par licence et création d'entreprise. Dans cette foulée, le BLEU offre notre expertise dans tous les domaines de recherche qui présentent un intérêt pour l'industrie et le milieu socio-économique. Cette équipe travaille ainsi à augmenter l'impact de nos professeurs sur le développement de la société.

Alors que j'étais vice-doyen à la Faculté de génie en 1998, j'ai créé le régime de partenariat pour études de maîtrise et de doctorat en milieu de travail, qui constitue une adaptation originale aux cycles supérieurs du régime coopératif d'alternance études-travail. Le régime de partenariat favorise à la fois les projets de recherche-développement et les études supérieures en milieu de travail. Les membres du personnel des entreprises peuvent donc poursuivre leurs études de maîtrise et de doctorat sans quitter leur emploi. L'entreprise bénéficie elle aussi de cet échange, puisqu'elle dispose ainsi de ressources hautement qualifiées en plus du soutien professoral à ses activités de recherche et de développement. Implanté dans les facultés de Génie et des Sciences, le régime de partenariat jouit déjà d'une grande popularité et devrait s'étendre à l'ensemble des facultés.

L'appui au démarrage d'entreprises

Un autre aspect sur lequel j'attire votre attention concerne une nouvelle alliance stratégique que l'Université de Sherbrooke développe avec des consœurs de choix.

Cette collaboration très intime avec deux prestigieuses universités anglophones a débuté en 2001. L'Université de Sherbrooke, l'Université McGill, l'Université Bishop's et nos institutions de santé affiliées avons ainsi lancé MSBI, une nouvelle société de valorisation commerciale de la recherche universitaire, dotée d'un premier fonds de capital de risque de 26 millions de dollars (ou 17 millions d'euros). Le rôle de MSBI est de réaliser le montage et le financement d'amorçage des projets d'entreprise issus des découvertes des professeures et professeurs des institutions partenaires.

Il est intéressant de noter que cette alliance stratégique relie les deux championnes canadiennes en matière de valorisation de la recherche. En effet, l'Université McGill, la championne au pays en matière de création d'entreprises issues de l'activité de recherche universitaire, s'associe à l'Université de Sherbrooke, la championne canadienne en termes de redevances sur les propriétés intellectuelles. Pour nous, ce genre d'association de renforcement mutuel entre universités de premier plan est extrêmement prometteur et mérite d'être développé davantage.

Le partenariat McGill - Sherbrooke - Bishop's - centres hospitaliers constitue une force de plus de 1500 professeures et professeurs qui reçoivent plus de 250 millions de dollars (ou 160 millions d'euros) de financement de recherche par année.

Financée conjointement par les institutions partenaires et le gouvernement du Québec, MSBI permet à l'Université de Sherbrooke et à ses partenaires de répondre plus rapidement et plus efficacement aux enjeux du développement de notre société en mutation, par une synergie accrue entre les universités et l'entreprise.

Cet effort conjoint met en évidence notre engagement à accentuer le transfert des résultats de nos recherches de même que nos services à la collectivité, particulièrement par l'accroissement de nos liens avec la communauté d'affaires et par le développement de noyaux d'entreprises de pointe.

Préférence Estrie

Grâce à une augmentation de la subvention gouvernementale de près de 30 % en trois ans, l'Université de Sherbrooke procède actuellement à l'embauche de 350 professeures et professeurs de langue française, en 4 ans, notamment dans ses créneaux d'excellence. Ce sont en fait autant de familles qu'il faut déraciner de là où elles vivent pour les enraciner dans la région.

Pour relever cet imposant défi, l'Université de Sherbrooke a pris l'initiative d'associer neuf des plus grands employeurs estriens pour le recrutement, l'intégration et la rétention des personnels hautement qualifiés et de leur famille. Ces partenaires se concertent pour façonner une image régionale de recrutement, sous le nom de Préférence Estrie, et déploient le tapis rouge pour accueillir et intégrer les recrues, que ce soit chez les grandes entreprises ou dans les institutions, notamment les deux universités établies à Sherbrooke.

En fait, il s'agit de nous entraider pour offrir un accueil hors de l'ordinaire et une prise en charge sans égal au pays. Préférence Estrie fournit l'information dont les recrues pourraient avoir besoin concernant le logement, la recherche d'emploi pour les conjoints, le choix d'établissements scolaires pour les enfants, les formalités d'immigration ou encore d'intégration sociale, financière, sportive ou religieuse. Le mandat comprend non seulement l'accueil des nouveaux arrivants, mais aussi le suivi auprès d'eux et de leurs familles pour aplanir les éventuelles difficultés de parcours. Préférence Estrie donne ainsi le signal que lorsqu'une de nos organisations recrute, c'est aussi une région qui accueille!

Le réseautage international de l'UdeS

L'ouverture sur le Monde et aux autres cultures s'effectue notamment en offrant une formation exportable et en accueillant un nombre croissant de professeurs, d'entrepreneurs et d'étudiants étrangers.

L'Université de Sherbrooke a identifié les créneaux d'expertise qu'elle entend développer en enseignement et en recherche pour satisfaire les exigences de demain, tant sur la scène nationale qu'internationale. Elle répond à une demande croissante pour des partenariats en Europe, en Amérique latine, en Afrique du Nord et en Asie pour ses programmes de 2e et 3e cycles, notamment dans les domaines de l'éducation, de l'administration, de la gestion des coopératives, de l'éthique et de la médecine.

L'Université offre actuellement des programmes en Afrique du Nord : au Maroc; en Amérique latine : au Chili, en Colombie, au Brésil et en Bolivie, et nous sommes en négociation avec le Mexique; en Europe, bien sûr : en Suisse dans le domaine de l'éthique, en Belgique en gestion de la formation en entreprise, et en France au MBA, au doctorat en éducation et en éthique appliquée.

L'Université a signé à ce jour 122 accords de coopération avec des établissements de 34 pays, en plus des accords bilatéraux entre la France et le Québec. Elle est présente à l'étranger, entre autres, par l'échange d'étudiants en droit, en administration, en génie, en sciences et en sciences humaines.

Des stagiaires du régime coopératif d'alternance études-travail font leur stage en France, par exemple chez Airbus, EDF, RATP, France Télécom et au Crédit Lyonnais; en Suisse chez Manufacture Cartier et à l'Institut de microbiologie du CHUV à Lausanne; en Allemagne au Deutsches Zentrum für Luft- und Raumfahrt; ainsi que dans de nombreux autres pays à travers le Monde. Leurs domaines d'études sont l'administration, l'économique, la rédaction, la kinésiologie, le génie, etc.

La présence de l'Université de Sherbrooke se fait sentir dans le domaine de la coopération internationale, que ce soit en génie au Gabon; en éducation, en Guinée, pour la formation professionnelle; en médecine à Haïti, pour une campagne de vaccination, et en Afrique de l'Ouest, pour la prévention du SIDA; en géographie et en médecine, au Vietnam, pour la géomatique de l'environnement et de la santé.

Depuis plus de 25 ans, l'Institut de recherche et d'enseignement pour les coopératives de l'Université de Sherbrooke (IRECUS) est le leader national dans ce domaine. L'Agence canadienne de développement international (ACDI) a accordé l'an dernier à cet institut une subvention de 5 millions de dollars (ou 3 millions d'euros) pour développer des modèles d'intercoopération dans 15 pays des Amériques. Ce projet fait de l'Université de Sherbrooke la tête de pont de quatre universités partenaires situées au Costa Rica, au Brésil, au Chili et en Colombie, auxquelles se greffent 16 autres universités des Amériques.

Au-delà des chiffres, il y a aussi la reconnaissance. L'Université de Sherbrooke a mérité le Prix d'excellence de l'ACDI, en 2000, pour la coopération institutionnelle réalisée avec sa partenaire brésilienne, l'Université Fédérale Rurale de Pernambuco. Ensemble, nous avons développé un centre d'enseignement, de recherche et de services à la collectivité, au bénéfice des associations et des coopératives du nord-est brésilien. C'est par de tels résultats que nos activités internationales prennent tout leur sens.

Notre expertise en pédagogie universitaire est également reconnue internationalement, en enseignement coopératif, bien sûr, mais nous avons aussi révolutionné la façon d'enseigner la médecine au Québec il y a 15 ans, en introduisant l'apprentissage par problèmes. Il n'est donc pas étonnant que notre Faculté de médecine soit la seule au Canada, la seule de la Francophonie, et l'une des quinze au Monde, à être reconnue comme centre collaborateur de l'Organisation mondiale de la santé pour l'excellence de la formation médicale qu'elle dispense. Aussi, l'Université du Chili a choisi notre Faculté d'éducation pour la formation pédagogique de ses professeurs de médecine dentaire. La Faculté d'éducation tient également depuis 1994 une École internationale de pédagogie universitaire qui attire des professeures et professeurs en provenance de nombreux pays et nous sommes sur le point d'annoncer la création d'un Institut de pédagogie universitaire.

L'Université de Sherbrooke est déterminée à donner une impulsion nouvelle à son développement international. À cette fin, elle s'apprête à lancer sa nouvelle Agence de relations internationales et interculturelles, qui sera dirigée par M. Mario Laforest, responsable de la présente mission.

5. Les deux modèles de pôles universitaires développés par l'UdeS

Toutes ces activités internationales n'ont pas arrêté notre développement sur la scène nationale québécoise.

Sous notre leadership, les deux premiers pôles universitaires au pays ont été créés à Sherbrooke, et à Longueuil, cette dernière ville étant située sur la Rive-Sud de Montréal et faisant partie du Montréal métropolitain. Le Pôle universitaire de Sherbrooke a ouvert la voie à une nouvelle coopération stratégique entre les neuf institutions à caractère universitaire de la Ville de Sherbrooke. À Longueuil, le Pôle universitaire de la Montérégie est devenu le berceau d'une collaboration exemplaire avec d'autres établissements et avec des centres de recherche et des entreprises de haute technologie.

Le Pôle universitaire de la Montérégie

Depuis quelques années, l'Université de Sherbrooke connaît un essor fulgurant à Longueuil, le plus important centre urbain d'une région d'un million et demi de population sur la Rive-Sud de Montréal. Cette région fortement industrialisée n'avait pas d'université, mais était en demande pour en avoir une. L'Université de Sherbrooke a dispensé à Longueuil, en 1989, un premier programme de formation et y a établi un centre de cours. Aujourd'hui, notre Campus de Longueuil offre un éventail de 80 programmes dans toutes les disciplines, dont 70 de 2e ou 3e cycle. Cette année, 8000 personnes y sont inscrites.

La demande montérégienne est très forte dans plusieurs domaines. L'Université de Sherbrooke peut y répondre en grande partie, mais des alliances sont nécessaires. Sous son initiative, la création du Pôle universitaire de la Montérégie a donc associé d'autres institutions universitaires, ainsi qu'un regroupement des centres de recherche et des entreprises de haute technologie, pour desservir une population en pleine expansion et avec de grands besoins au niveau de la formation universitaire et de la recherche. Au lieu que le gouvernement du Québec crée une nouvelle université, l'Université de Sherbrooke a ainsi implanté pour la première fois au Québec un modèle déjà répandu en Europe, par lequel des institutions s'unissent pour offrir ce qu'elles ont de mieux pour desservir un territoire, en complémentarité et dans le respect mutuel, avec la collaboration des autorités locales et régionales.

Ainsi, il s'agit d'une nouvelle forme d'université : une université en réseau, qui fait appel à la collaboration de tous les partenaires, collèges, centres de recherche, autres universités et entreprises privées, pour répondre aux besoins d'une importante région. C'est en fait un regroupement de forces universitaires : un pôle qui, grâce à des stratégies pédagogiques adaptées, s'inscrit d'emblée dans une culture de formation continue au service de la population et des organisations. Ce pôle comble l'ensemble des besoins en enseignement, recherche et service à la collectivité, en mettant à contribution des ressources universitaires présentes dans les entreprises et les institutions d'enseignement supérieur, notamment les collèges d'enseignement général et professionnel, que l'on appelle cégeps.

Le Pôle universitaire de la Montérégie voit à évaluer les nouveaux besoins de formation, à orienter les demandes vers les ressources concernées, à dispenser des services communs aux étudiantes et étudiants des différentes institutions et à coordonner l'intervention complémentaire des établissements d'enseignement supérieur. La direction du pôle se compose majoritairement de dirigeantes et dirigeants d'entreprises et d'organismes de la région concernée.

Le Pôle universitaire de Sherbrooke

La situation de Sherbrooke est différente avec ses deux universités renommées (l'une de culture française, l'autre anglaise), trois collèges, un centre hospitalier universitaire de premier plan, un institut universitaire de gériatrie, un centre universitaire de services communautaires et un centre de recherche et développement fédéral.

Sherbrooke se distingue ainsi de toutes les autres villes au pays, notamment par l'exceptionnelle concentration de ses activités universitaires, dans toutes les disciplines. Multilingue, avec ses 145 000 citoyens, cette ville fait 5 fois son poids en termes d'activité universitaire. À Sherbrooke, une personne sur 5 est étudiante aux études supérieures, et 60 % de l'économie est déjà directement liée au savoir.

En un mot, le développement de la région métropolitaine de Sherbrooke est intimement lié à la présence et aux choix stratégiques de ses neuf institutions universitaires, qui se sont alliées pour augmenter leur rayonnement, raffermir la cohérence de leurs actions, susciter de nouveaux projets et appuyer leurs développements respectifs, tout en respectant leur autonomie et leur personnalité distinctives.

L'organisme souple, appelé Pôle universitaire de Sherbrooke, coordonne les acteurs, se dote de ressources communes, met en commun certains services existants et constitue un lieu d'échange, de représentation, d'accueil et de soutien tant pour les professeurs et les étudiants que pour les organisations. Il facilite la concertation avec les autorités municipales et régionales, ainsi qu'avec les chambres de commerce.

Les élus, la communauté d'affaires ainsi que les directions des institutions d'enseignement et de recherche ont pris conscience du potentiel exceptionnel que présente notre concentration d'activités universitaires unique au pays, comme orientation fondamentale du développement régional, au point de considérer Sherbrooke en soi comme une cité universitaire intégrée.

Ensemble, les institutions du Pôle universitaire de Sherbrooke accueillent 40 000 étudiantes et étudiants par année, avec 75 % des effectifs provenant de l'extérieur de l'Estrie. Leurs ressources humaines comptent 11 000 personnes, dont plus de 3700 professeurs, enseignants et chercheurs, et disposent de budgets annuels totalisant 650 millions de dollars (ou 400 millions d'euros). Au moment de la création du pôle, l'an dernier, il y avait déjà plus de 200 projets conjoints entre les institutions.

Le resserrement des liens contribue aussi à élargir l'accès aux différents campus et à développer de nouveaux services à la population étudiante et à la population en général. Par exemple, nous venons de créer un double baccalauréat en génie et en Liberal Arts que l'Université Bishop's et l'Université de Sherbrooke offriront dès septembre prochain. Ce tout nouveau programme commun permet, en cinq ans, d'obtenir deux diplômes : un baccalauréat ès arts (Liberal Arts) de l'Université Bishop's et un baccalauréat en génie chimique ou en génie civil de l'Université de Sherbrooke. Les cours du baccalauréat en Liberal Arts sont suivis à l'Université Bishop's en anglais; ceux donnés par l'Université de Sherbrooke le sont en français. Les activités des deux programmes s'intègrent en vertu de modalités qui varient selon que les étudiantes et étudiants proviennent du réseau collégial québécois ou d'ailleurs.

D'autres programmes et d'autres projets verront le jour dans un proche avenir dans le cadre du pôle. Plusieurs partenaires travaillent actuellement à la création d'un Institut des langues et cultures qui fera de Sherbrooke une destination de choix pour s'imprégner de diverses cultures par l'apprentissage des langues.

De plus, les membres du Pôle universitaire de Sherbrooke se réunissent pour établir des collaborations dans le domaine des technologies de l'information et de la communication, permettre un accès universel réciproque aux ressources documentaires et rendre le transport en commun gratuit pour tous les étudiants et étudiantes du pôle.

Des réponses à des besoins particuliers

La création de ces deux pôles universitaires, celui de la Montérégie et celui de Sherbrooke, s'est faite dans la perspective de répondre à des besoins particuliers et de relever de nouveaux défis posés à l'université qui devient ainsi réseautée et non plus confinée à un modèle organisationnel figé.

Les deux pôles dont nous sommes les maîtres d'œuvre desservent donc deux régions et se sont colorés et construits en fonction de notre orientation coopérative.

Conclusion

Une université de près de 50 ans dans une ville de 200 ans, c'est encore le Nouveau Monde! À Sherbrooke, la jeune tradition consiste à innover et notre taille nous condamne au dépassement pour pouvoir contribuer de façon significative parmi des villes universitaires et des universités beaucoup plus grosses et de plus anciennes traditions.

Notre impression est celle d'une renaissance : jamais une université québécoise n'aura ressenti un tel vent de jeunesse et de maturité à la fois, dans son développement en général comme dans l'évolution de ses interactions avec le milieu et l'international.

Par cette présentation, j'espère avoir su piquer votre curiosité et stimuler votre intérêt à l'égard de l'Université de Sherbrooke et de sa façon de réinventer ses interactions avec le Monde. Vous êtes toutes et tous bienvenus à l'Université de Sherbrooke pour nous connaître davantage, collaborer avec nous ou simplement nous visiter par plaisir. Merci de votre accueil et de votre attention.