Allocution de monsieur Bruno-Marie Béchard,
recteur de l'Université de Sherbrooke,
à l'ouverture de la Conférence nord-américaine sur la famille

23 mai 2003

Madame la Présidente de l'Organisation mondiale de la famille,
Monsieur le Président de la Région nord-américaine,
Monsieur le Maire,
Distingués invitées et invités,
Mesdames, Messieurs,

J'ai l'honneur et le plaisir de vous souhaiter la plus cordiale bienvenue au Campus de Longueuil de l'Université de Sherbrooke. Nous sommes heureux de participer à la tenue de votre conférence et d'y avoir assumé la responsabilité de l'organisation du colloque scientifique qui l'a précédée.

« Du temps pour la famille », voilà un thème inspirant. Vous comprendrez facilement que ce thème m'interpelle particulièrement étant donné que je suis le père de trois jeunes enfants. On a d'ailleurs vu, après vous, un parti politique en faire un enjeu majeur lors de la dernière campagne électorale québécoise. C'est dire toute l'importance que prend cette dimension dans notre société.

La famille se situe au centre des préoccupations de nombreux groupes de scientifiques, à l'Université de Sherbrooke comme ailleurs. On retrouve des professeures et professeurs qui s'intéressent notamment au droit de la famille, à la médecine familiale, à l'éducation familiale, à la dynamique familiale dans différents contextes. Que ce soit en travail social, en droit, en psychologie, en médecine, en éducation ou dans d'autres champs disciplinaires, de nombreuses ressources se consacrent à mieux comprendre cette première unité à la base de notre société que constitue la famille. Tous les thèmes de la présente conférence y sont abordés et étudiés.

Le Premier ministre de la France, monsieur Jean-Pierre Raffarin, affirmait dans un discours de politique générale prononcé le 3 juillet 2002 : « La famille est par essence le lieu de la fraternité, c'est le creuset de la société. » C'est bien là reconnaître toute l'importance que revêt la famille dans la société moderne et toute la pertinence d'une organisation comme la vôtre. Si la famille est le creuset de toute la société, il n'est que normal d'y consacrer le temps nécessaire et d'y diriger les ressources utiles pour saisir toutes les occasions de développement. Pour ce faire, il est essentiel que des chercheuses et des chercheurs nous aident à mieux comprendre l'évolution des familles et de leur dynamique, et que leurs recherches contribuent à mieux soutenir les familles dans leur rôle fondamental pour la croissance des personnes et l'épanouissement d'une société ouverte, tolérante et éduquée.

Il est tout aussi important que des professionnelles et professionnels intervenant auprès de familles s'approprient ces savoirs développés par la recherche et les intègrent à leurs pratiques. Comme il importe que les professionnels négocient au nom des familles et avec les universitaires, les questions, les méthodes et la diffusion de la recherche. Il est également essentiel que des politiques familiales adaptées à notre société et à son évolution soient élaborées à tous les niveaux, tant à l'échelle sociétale par les différents ordres de gouvernements que par les entreprises et les organisations.

Chaque personne est membre d'une famille, on l'oublie souvent. Et cette famille influe toujours d'une manière ou d'une autre, à un moment ou l'autre, sur la manière d'être soi-même et d'être avec les autres. S'intéresser à la famille, c'est s'intéresser à l'humanité. Une université comme la nôtre qui a une vision humaniste de son fonctionnement et de son rôle social ne peut qu'être partie prenante de votre réflexion.

Je vous souhaite une excellente conférence et vous invite à nous tenir au courant de vos travaux.