Allocution de monsieur Bruno-Marie Béchard,
recteur de l'Université de Sherbrooke,
à l'occasion d'un souper-conférence de la
Chambre de commerce de la région sherbrookoise

 28 novembre 2001

Monsieur le Président de la Chambre de commerce de la région sherbrookoise,
Monsieur le Maire de Sherbrooke,
Distingués invitées et invités,
Membres de la Chambre de commerce,
Membres du Conseil d'administration de l'Université,
Membres de la communauté universitaire,
Membres de la presse,
Mesdames, Messieurs,

Je veux d'abord remercier la Chambre de commerce pour cette invitation à rencontrer la communauté d'affaires dans ce contexte historique où le destin de Sherbrooke se trouve à la croisée des chemins.

Je profite d'ailleurs de l'occasion pour offrir mes félicitations et mes meilleurs vœux de succès aux dirigeantes et dirigeants nouvellement élus du grand Sherbrooke : vous pouvez compter sur mon soutien total pour relever avec brio le défi de bâtir ensemble notre Ville nouvelle. L'Université de Sherbrooke est très fière de compter douze de ses diplômées et diplômés parmi les membres du nouveau Conseil municipal.

Je tiens aussi à souligner la présence parmi nous ce soir des dirigeants des quatre institutions universitaires de la Ville nouvelle : l'Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke, le leader incontesté sur toutes les questions entourant les aînés; le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke, le CHU le plus performant au Québec; l'Université Bishop's, qui jouit d'une excellente réputation parmi les universités anglophones; et l'Université de Sherbrooke. Nous travaillons ensemble ces mois-ci à plusieurs rapprochements importants entre nos institutions de façon à accentuer nos synergies et à renforcer la vitalité des activités universitaires à Sherbrooke. Un dossier régional à suivre !


Ce soir, je vous propose une présentation en trois volets. Je voudrais d'abord vous dresser un bilan de ce qu'est devenue l'Université de Sherbrooke à l'approche de son 50e anniversaire en 2004, pour ensuite vous présenter son plan de développement pour les prochaines années. Enfin, j'aborderai les défis qui se posent au développement de Sherbrooke, et la contribution que peut y apporter l'Université en étroite collaboration avec les acteurs socio-économiques de la région sherbrookoise.

Bilan de l'UdeS à l'approche de son 50e anniversaire

Quarante-sept ans après sa fondation, l'Université de Sherbrooke est un succès retentissant parmi les universités québécoises. Elle compte 83 000 diplômées et diplômés, et accueille chaque année plus de 22 000 étudiantes et étudiants, dont plus de 11 000 à temps complet. 5100 personnes y travaillent, dont plus de 2000 à plein temps et 1500 chargées et chargés de cours ou d'enseignement clinique. Son budget de fonctionnement annuel atteint le cap de 250 millions de dollars, en plus des investissements.

Ensemble, ses neuf facultés offrent 37 programmes de baccalauréat, 45 de maîtrise, 23 de doctorat ainsi que 38 certificats, 32 diplômes et 50 microprogrammes dans toutes les disciplines.

L'essentiel de nos activités se déroule sur trois campus : le campus principal au flanc du mont Bellevue; le campus des sciences de la santé, intégré au CHUS; et le campus de Longueuil, à proximité du métro.

Située en région, l'Université de Sherbrooke est la seule université complète hors des centres urbains de Montréal et Québec. Notre vaste offre de programmes, notre dimension humaine ainsi que notre approche pratique, notamment le régime coopératif, font de l'Université de Sherbrooke un véritable pôle d'attraction, au point où 80 % de nos étudiantes et étudiants proviennent de l'extérieur de l'Estrie.

L'Université de Sherbrooke est une université privée d'envergure internationale. Notre territoire, c'est le monde ! Notre champ de pratique s'étend partout où notre expertise intervient, partout où étudie notre population étudiante, partout où nos stagiaires enrichissent les entreprises et les organisations. Par exemple, il faut savoir que de nombreux programmes d'études de l'Université de Sherbrooke sont régulièrement dispensés dans 40 villes au Québec et dans plusieurs pays d'Amérique et d'Europe (notamment au Brésil, au Chili, en Argentine, en France et en Suisse).


Pour l'Université de Sherbrooke, il est fondamental de s'adapter continuellement. Nous sommes justement reconnus pour être particulièrement à l'écoute des besoins et surtout, pour savoir réagir rapidement aux défis changeants de notre société. C'est dans ce contexte que l'Université de Sherbrooke a choisi sa vocation : 

Mériter une renommée de premier ordre parmi les meilleures universités au monde, pour sa recherche et son enseignement de premier calibre. Caractérisée par le dynamisme, l'innovation, l'application pratique et le caractère humain, l'Université de Sherbrooke vise à être le premier choix des étudiantes et étudiants, et à attirer les meilleures ressources humaines.

Cet objectif audacieux est-il à notre portée? Très certainement. Seule grande université au Québec à ne plus être endettée, l'Université de Sherbrooke injecte tout le réinvestissement fait par le gouvernement du Québec pour consolider et développer ses domaines d'excellence. Déjà, plusieurs réalisations de premier calibre servent d'assises à notre ambition.

Par exemple, en termes de valorisation commerciale des résultats de la recherche, l'Université de Sherbrooke détient le meilleur rendement canadien et l'un des meilleurs au monde en ce qui concerne les redevances sur ses inventions. À titre d'illustration, le très réputé « Massachusetts Institute of Technology », avec des subventions de recherche de l'ordre de 700 millions de dollars par année, génère 9 millions en redevances, tandis que nous en générons près du double, soit 15 millions, avec un budget de recherche 14 fois plus petit !

L'Université de Sherbrooke excelle aussi dans la création de nouvelles co-entreprises qui associent les professeures et professeurs, l'Université et le capital de risque, en vue de valoriser ici-même en région les découvertes réalisées dans nos laboratoires. Kemestrie, Tekna, Neokimia, Quantiscript, Telogene et tout récemment IPS Pharma en sont d'éloquents exemples. Nous venons aussi de nous associer avec l'Université McGill, l'Université Bishop's et nos centres hospitaliers affiliés pour créer une société en commandite qui fournira le capital de risque spécifiquement dédié au démarrage d'entreprises issues de la recherche de nos institutions.

Par ailleurs, nous signons plus de 250 contrats par année en collaboration avec l'entreprise privée, soit un contrat par jour ouvrable !

Une étude rendue publique en septembre dernier a montré que l'impact économique des activités de recherche et développement de l'Université de Sherbrooke est évalué à 380 millions de dollars entre 1971 et 1999. Ces dépenses ont permis la création de 7000 emplois au Canada dont 6000 au Québec. Pour la seule année 1998-1999, le total des dépenses effectuées en recherche par l'Université, soit 93 millions de dollars, s'est traduit par la création de 1767 emplois, dont 1652 au Québec, incluant un millier en Estrie.


L'Université de Sherbrooke se distingue aussi par ses réalisations dans diverses disciplines. Par exemple, le gouvernement du Québec a choisi l'Université de Sherbrooke comme référence internationale en matière linguistique. Avec un budget de 9 millions de dollars, le projet du « Français d'usage et ses applications dans les technologies de l'information et des communications » fera de Sherbrooke le berceau du français d'usage en Amérique.

Dans le domaine sportif, les gouvernements québécois et canadien ont retenu l'Université de Sherbrooke comme l'un des deux centres nationaux d'excellence en athlétisme, avec l'Université d'Alberta. La construction du stade qui accueillera les 3e Championnats mondiaux d'athlétisme jeunesse, en juillet 2003, injectera plus de 20 millions de dollars dans l'économie régionale et dotera la région d'infrastructures sportives permettant d'attirer ici des événements internationaux pour les 30 prochaines années.

Quant à elle, l'industrie des télécommunications a consacré l'Université de Sherbrooke comme référence mondiale en matière de compression de la parole pour la téléphonie mobile et Internet, un domaine en expansion fulgurante.

Sur le plan économique, la Faculté d'administration de l'Université de Sherbrooke est reconnue comme l'une des trois meilleures écoles de finance au monde par l' « Association for Investment Management and Research » qui contrôle l'attribution du prestigieux titre de CFA (« Chartered Financial Analyst »). En conséquence, c'est vers l'Université de Sherbrooke que l'on s'est tourné pour établir la référence nationale en matière de performance boursière des entreprises québécoises en lançant, il y a un mois, les Indices Québec qui succèdent au défunt indice XXM de la Bourse de Montréal.

Il y a quelques semaines, l'Organisation mondiale de la santé a annoncé qu'elle a choisi la Faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke comme centre collaborateur dans le domaine de la formation en santé. C'est la seule faculté de médecine au pays, la seule au monde francophone et l'une des 15 au monde sur environ 1700, à recevoir cette reconnaissance exceptionnelle.

En un mot, l'Université de Sherbrooke fait déjà partie de l'élite mondiale des universités. La région a toutes les raisons d'être fière de l'Université à laquelle elle a donné naissance par une mobilisation des forces du milieu, et vous pouvez compter sur cette alliée forte pour assurer le développement de Sherbrooke. Pour ma part, je suis déterminé à saisir la conjoncture actuelle pour donner à l'Université de Sherbrooke une impulsion vers de nouveaux sommets, et en faire une ambassadrice de premier ordre pour notre région et ses entreprises.

Plan de développement pour les prochaines années

L'Université de Sherbrooke a donc, plus que jamais, le vent dans les voiles. Avec courage et audace, la communauté universitaire a choisi les 73 créneaux de recherche et d'enseignement où le réinvestissement du gouvernement québécois sera utilisé en priorité.

Nous avons déjà commencé à réaliser notre Plan stratégique de recherche et d'enseignement, qui constitue l'opération la plus déterminante de notre histoire. Notre plan de match prévoit l'embauche, d'ici 2004, de 600 personnes, dont plus de 300 nouveaux professeurs et professeures sur la base des créneaux d'excellence sélectionnés. Déjà, depuis le 1er juin 2000, nous avons embauché 289 nouveaux employés et employées, dont 121 professeurs et professeures.

Le véritable enjeu devient maintenant un défi humain, celui de recruter en un temps record un nombre important de nouveaux professeurs et professeures, à un niveau d'excellence dicté par les standards des universités de classe mondiale. Cet effort de recrutement pose plusieurs défis quant à notre capacité d'attirer, d'intégrer et de retenir en région ces ressources spécialisées avec leurs conjointes et conjoints, comme le vivent aussi des entreprises et d'autres institutions de la région.

Pour atteindre ses objectifs de performance, l'Université de Sherbrooke doit également adapter son parc immobilier aux nouvelles exigences de l'enseignement et de la recherche ainsi qu'à l'augmentation de son personnel professoral, professionnel et de soutien. L'ajout et le réaménagement d'espaces à vocation académique nécessiteront des investissements de l'ordre de 40 millions de dollars d'ici l'automne 2003, en plus des 23 millions nécessaires au maintien adéquat de notre parc immobilier. Ces investissements s'additionnent aux constructions et réaménagements réalisés de 1992 à l'an 2000 qui ont totalisé 70 millions de dollars. On parle donc d'un apport de près de 145 millions $ en investissements en dix ans en comptant le futur stade !

Le développement de Sherbrooke et l'UdeS

Sentez-vous le puissant vent de changement qui souffle sur Sherbrooke et sur son Université?

Nous vivons une conjoncture exceptionnelle, sans précédent. D'une part, une fusion municipale avec un fort potentiel structurant et dynamisant, qui s'effectue chez nous dans un climat de concertation et d'ouverture sans égal ailleurs au Québec.

D'autre part, grâce au réinvestissement universitaire, l'Université de Sherbrooke vit une période charnière de son évolution avec une intensité et une audace qui la propulse parmi les meilleures universités au monde.

Un seul de ces événements peut en lui-même donner une puissante impulsion au développement d'une région. À Sherbrooke, nous avons la chance unique de vivre les deux en simultané. Si l'on saisit l'occasion pour marier plus intimement les destinées de la Ville nouvelle et de l'Université, je suis convaincu que nous pouvons multiplier leur impact pour propulser Sherbrooke parmi les cités universitaires les plus enviables au monde.


En effet, même si la mission fondamentale des universités n'est pas le développement économique, mais plutôt l'éducation et la recherche, elles sont devenues par la force des choses des instruments de développement de premier plan dans nos sociétés.

Dans le contexte de mondialisation des échanges, de globalisation des marchés, de croissance exponentielle des savoirs et d'accélération du développement des nouvelles technologies de l'information, ce sont les entreprises faisant appel à des technologies de pointe qui sont susceptibles de créer, dans l'avenir, le plus grand nombre d'emplois durables et de haute qualité. Le monde actuel évolue très rapidement vers une économie fondée sur le savoir, sur la qualification de la main-d'œuvre, sur l'accès aux expertises de toutes sortes et sur les retombées de la recherche.

Dans ce cadre, l'éducation et la recherche sont devenues des clés essentielles de succès, et les universités québécoises doivent atteindre les meilleurs niveaux de performance au monde pour appuyer notre société qui doit relever les défis de la concurrence.

Il faut notamment que les universités répondent à une demande accrue de développement et d'accessibilité à la formation continue au pays, à l'étranger et à distance. Le besoin d'approfondir et de rafraîchir les connaissances est devenu une condition de succès dans la nouvelle économie. D'une part, les entreprises qui veulent demeurer compétitives doivent se donner une culture de la formation continue, anticiper les besoins de formation de leur main-d'œuvre, y consacrer les ressources nécessaires et inscrire cette nouvelle dynamique au cœur de leur fonctionnement. D'autre part, les universités doivent satisfaire les besoins des entreprises et des organisations les plus diverses en adaptant leurs contenus et leurs façons d'enseigner aux exigences d'un marché sans cesse en évolution, où les décisions en formation continue relèvent autant de décisions d'entreprises que d'initiatives personnelles.

À notre époque où l'avancement des sociétés dépend étroitement de l'épanouissement du savoir, l'université constitue donc un partenaire de choix pour son apport à la formation et à la mobilité de la main-d'œuvre, et pour son impact sur le développement social, culturel et économique. C'est certainement à l'enseigne de ce nouveau modèle que loge l'Université de Sherbrooke. Par exemple, à la Faculté d'éducation et à la Faculté d'administration, nos professeurs et professeures ont développé des programmes de formation continue sur mesure pour les besoins d'entreprises de la région.

Le développement de la région métropolitaine de Sherbrooke est ainsi intimement lié à la présence et aux choix stratégiques de l'Université de Sherbrooke et de ses partenaires. La Ville nouvelle regroupe sur son territoire deux universités, trois établissements d'enseignement collégial, le CHUS, le Centre de recherche clinique, l'Institut universitaire de gériatrie et l'Institut de pharmacologie. 20 % de notre population sont des étudiantes et des étudiants. 60 % de notre économie est déjà directement liée à l'économie du savoir.

Cette très forte concentration d'activité collégiale et universitaire dans notre région est sans égale au Québec. C'est devenu une caractéristique fondamentale de notre tissu socio-économique, une marque de commerce à diffuser partout. Nous faisons partie des cités du savoir, peu nombreuses à travers le monde. C'est donc à notre avantage de nous afficher de plus en plus comme faisant partie du club sélect des cités universitaires, comme Montpellier en France, Louvain en Belgique, Salamanque en Espagne, Oxford en Angleterre et Fribourg en Suisse. Ensemble, osons nous affirmer !


Pour relever ce défi fascinant, les universitaires, la communauté d'affaires, les élus et les élues sont appelés plus que jamais à travailler en étroite collaboration. Nous avons des contraintes et des impératifs différents, mais nous nous rejoignons à la croisée des chemins.

Par exemple, l'Université attire chaque année en région des milliers d'étudiantes et d'étudiants. Alors que les autres régions du Québec anticipent avec crainte l'effet de la dénatalité, Sherbrooke bénéficie d'un pipeline qui l'alimente constamment en jeunes talentueux. L'Université entend continuer à accroître la qualité des étudiantes et étudiants qu'elle attire en région. Mais c'est la responsabilité des élus et élues avec la communauté d'affaires de déployer les conditions nécessaires pour accueillir, intégrer et retenir en région cette manne d'une richesse extraordinaire. À cet égard, je me réjouis que le maire de la Ville nouvelle se soit engagé à assurer le leadership dans ce dossier.

L'Université de Sherbrooke attire aussi en région de nombreux experts et expertes qui participent dans leurs domaines respectifs à la vie des communautés, des organismes et des organisations d'ici. Nos gens sont présents partout dans la ville et la région dans une grande variété de sphères. Au cours des prochaines semaines, je m'engage à recruter à la direction de l'Université une personne qui aura pour mandat de renforcer et de coordonner cette participation de l'Université dans la vie de la région. 

Au cours des prochaines semaines, je m'engage aussi à inviter les grands donneurs d'ouvrage de la région à s'associer à l'Université de Sherbrooke pour lancer un nouvel organisme, Concertation emploi Estrie, qui assurera la coordination des actions à l'égard du défi que posent l'attraction, l'intégration et la rétention en région des ressources humaines spécialisées.

Comme l'enseignement supérieur et la recherche d'avant-garde ont des retombées sur le plan national et international, la présence d'une université de calibre mondial à Sherbrooke donne accès à notre région à une visibilité dans la nouvelle économie planétaire. À cet égard, je m'engage à faire bénéficier les intervenants socio-économiques de la région du rayonnement international de l'Université de Sherbrooke, notamment par ses contacts et ses missions à l'étranger.

L'agglomération sherbrookoise, comptant quelque 140 000 habitants, offre de multiples activités culturelles, sociales, sportives, touristiques et éducatives. L'Université et la Ville s'influencent mutuellement. Je m'engage à ce que l'Université de Sherbrooke contribue davantage aux grands projets structurants en région. Par exemple, j'ai mandaté le vice-recteur à la recherche pour enrichir le projet récréo-touristique de Cité des rivières par une forte composante universitaire, peut-être l'établissement d'un nouvel institut universitaire en environnement et développement durable, qui pourrait impliquer plus de 40 professeures et professeurs et attirer en région un centre national d'expertise dans le domaine de l'eau.

Comme autre exemple concret dans ce sens, je me suis engagé auprès des représentants de la communauté d'affaires à soutenir leur projet de lancement d'une équipe de football universitaire à Sherbrooke. Ce sport de stratégie jouit d'une popularité montante et d'une excellente couverture médiatique. Une équipe forte à Sherbrooke contribuera ainsi à attirer l'attention sur notre Université et notre région.

La Ville profite du rayonnement de ses établissements d'enseignement post secondaires et vice-versa. En offrant un cadre propice aux études et à la recherche, la ville sera de plus en plus rythmée par la vie collégiale et universitaire. Dans cet ensemble, l'Université de Sherbrooke favorise l'innovation et le développement économique, notamment par les services dont elle fait bénéficier les collectivités publiques et les entreprises. Par exemple, au Bureau de liaison entreprises-Université, qu'on appelle aussi le BLEU, nous avons constitué une solide équipe de professionnelles et professionnels spécialisés dans le secteur biomédical, le génie, les sciences et les sciences humaines. Ces ressources travaillent à développer des partenariats avec l'entreprise privée et à favoriser les retombées de nos recherches par licence et création d'entreprise. Dans cette foulée, le BLEU offre notre expertise dans tous les domaines de recherche qui présentent un intérêt pour le milieu industriel 
et le milieu socio-économique.

Nous vous remettons aujourd'hui en primeur un CD de la taille d'une carte de visite. Ce CD donne accès à tous les services du Bureau de liaison entreprises-Université. Je vous invite à faire appel au BLEU lorsque les besoins se manifestent, lorsque les idées jaillissent, pour qu'il vous mette en contact avec nos professeures et professeurs qui peuvent offrir une réponse appropriée à vos besoins de recherche et développement.

Les contrats que l'Université de Sherbrooke réalise ainsi avec les entreprises créent des liens privilégiés qui peuvent avoir des retombées d'importance capitale pour ces dernières. Aussi, de nombreuses entreprises comme Néokimia, Quantiscript, Télogène et IPS Pharma n'auraient pas existé sans le rôle moteur qu'a joué l'Université pour leur démarrage, et le support financier indispensable de nos partenaires régionaux que sont Innovatech Sud du Québec, Fonds de solidarité-Estrie et Investissements Desjardins.

L'Institut de pharmacologie de Sherbrooke a pu être réalisé, il y a quatre ans, grâce à une remarquable synergie du milieu universitaire, du milieu régional et des gouvernements provincial et fédéral, dans le but de favoriser le développement de l'industrie pharmaceutique au Québec et à Sherbrooke en particulier. Grâce au recrutement d'une masse critique de professeures et professeurs en pharmacologie, grâce à la mise en place d'un environnement propice à la création d'entreprises nouvelles de haute technologie, l'Institut contribue à maintenir le leadership du Québec dans l'industrie pharmaceutique.

En plus des activités de recherche de haut calibre et mondialement reconnues qu'y poursuivent les professeures et professeurs avec leurs équipes, l'Institut a aussi une fonction d'incubateur pour les projets d'entreprises en émergence de l'Université.

L'incubateur et les entreprises qu'il héberge ont établi les premières assises du développement d'un parc biotechnologique à Sherbrooke. Il faut, dans un deuxième temps, fournir l'infrastructure qui permette à nos jeunes entreprises de croître et de prendre leur place dans des domaines de pointe, générateurs d'emplois et de richesse collective. C'est dans cet esprit que l'Université de Sherbrooke participe, avec les autres partenaires de Biomed Développement, à la création prochaine d'espaces industriels de deuxième génération dans le parc biomédical.

Plus précisément, l'Université soutient le projet de construction d'un bâtiment de 4000 m2 dans le parc biomédical. Le maire de la Ville nouvelle appuie également ce projet dans lequel l'Université joue un rôle de premier plan, en étant la principale source des entreprises du domaine biomédical qui devront bientôt migrer dans ce complexe et faire place à de nouvelles entreprises en incubation à l'Institut de pharmacologie.


En somme, l'Université de Sherbrooke est déterminée à faire équipe avec les décideurs de la région et de la nouvelle ville, en matière de formation, de recherche et de transfert technologique vers les entreprises. Avec la collaboration des autres institutions universitaires de la Ville nouvelle, l'Université de Sherbrooke met à la disposition de la collectivité un ensemble croissant de ressources qui s'engagent au sein de la collectivité avec enthousiasme et détermination.


Vous savez, le rôle et la place des municipalités se modifient rapidement. Autant les problématiques se mondialisent, autant par ailleurs de nombreuses questions se gèrent mieux aux niveaux régional et local. Plusieurs observatrices et observateurs avertis de la scène publique considèrent que l'avenir appartient aux municipalités puisqu'on retrouvera à ce niveau la marge de manœuvre la plus importante.

Les élus et élues ainsi que les professionnels et professionnelles de la Ville nouvelle de Sherbrooke se retrouvent confrontés au défi emballant de créer une nouvelle cohésion sherbrookoise. Intégrer et harmoniser les services de huit entités municipales, bien sûr, mais aussi et surtout se donner une nouvelle personnalité régionale en définissant de nouveaux scénarios de développement d'ensemble qui canaliseront les énergies de tous et de toutes vers un nouvel essor régional. À cet égard, j'invite tous les décideurs à miser de façon toute particulière sur la force universitaire qui est particulièrement intense en région.

Dans la conduite des travaux et des prises de décisions dont vous aurez la responsabilité, soyez assuré, Monsieur le Maire, que la collaboration de l'Université de Sherbrooke vous est totalement acquise. Et je suis certain qu'il en est de même pour toute la communauté d'affaires. Vous pouvez notamment compter sur les ressources de notre Centre d'excellence en gestion du développement local, de notre société conjointe de valorisation de la recherche avec les universités McGill et Bishop's ainsi que nos hôpitaux affiliés, de même que sur notre réseau d'experts déjà actif tous les jours dans le milieu.

Ce n'est pas un hasard si les deux candidats à la mairie ont repris le thème que j'avais moi-même utilisé durant ma campagne au rectorat. La volonté de travailler « ensemble » est plus qu'un cliché ou une mode. La concertation est devenue une nécessité pour se développer à la mesure de nos capacités et se surpasser. C'est vraiment la clé de notre avenir.

Les perspectives de développement que nous oserons ensemble au cours des prochaines années seront déterminantes autant pour l'avenir de la Ville nouvelle que pour celui de l'Université. Unissons nos forces et rivalisons d'imagination pour relever ce défi. Nous devons le faire autant pour nous-mêmes que pour nos enfants, pour l'avenir de notre Ville et celui de notre région.

Ensemble, construisons la nouvelle cité universitaire de Sherbrooke, en concertation et avec audace!