Allocution de monsieur Bruno-Marie Béchard,
recteur de l'Université de Sherbrooke,
à l'occasion de l'ouverture du Congrès du 25e anniversaire
de l'Université du troisième âge de Sherbrooke

12 juin 2001

Monseigneur le Chancelier André Gaumond,
Monsieur le maire Jean Perrault,
Monsieur le Président de l'Association internationale 
des universités du troisième âge Louis Bourgeois,
Distingués invités et invitées,
Mesdames, Messieurs,

D'abord, bienvenue à tous les congressistes réunis pour souligner les vingt-cinq ans de l'Université du troisième âge de Sherbrooke! Aux étudiantes et étudiants aînés de l'Université de Sherbrooke, quel que soit le site où se déroulent habituellement vos activités de formation, je dis : Bienvenue chez vous sur le campus principal de votre université! Aux personnes qui nous proviennent d'autres établissements universitaires ou qui sont actives au sein d'associations de personnes retraitées et d'organismes de services auprès des personnes du troisième âge, je souhaite aussi la plus cordiale bienvenue à l'Université de Sherbrooke.

On ne saurait parler des 25 ans de l'Université du troisième âge de Sherbrooke sans évoquer brièvement les débuts de cette initiative. C'était en 1975, alors qu'il venait de compléter un mandat bien rempli à titre de vice-recteur à l'enseignement, le regretté professeur Roger Bernier décidait de consacrer les dernières années d'une longue carrière universitaire à la mise sur pied, à l'Université de Sherbrooke, d'une organisation vouée à la formation des personnes de 50 ans et plus, selon une formule pédagogique et administrative adaptée à leurs besoins et à leur situation. Cette « première québécoise » suivait d'ailleurs de peu la création de la première université du troisième âge à Toulouse en France.

La lecture du volume que le professeur à la retraite Guy Stringer a consacré aux 25 ans de l'Université du troisième âge de Sherbrooke et dont le lancement aura lieu plus tard cet après-midi, nous permettra sans aucun doute de suivre l'évolution, pendant un quart de siècle, de ce qu'a été ce projet collectif universitaire auquel sont associés les noms de Roger Bernier, Robert Routhier, Benoît Letendre, Jean-Louis Lévesque, Jean Watters, Gilles Gagnon et André Lefebvre.

Aujourd'hui, grâce à l'initiative de ses gestionnaires et surtout aux efforts, tout aussi discrets que soutenus, de centaines de bénévoles, l'Université du troisième âge de Sherbrooke est devenue « l'université du troisième âge de tout le Québec ». Avec son réseau provincial de 25 antennes universitaires implantées partout au Québec, de Montréal à Manicouagan, de l'Outaouais et des Hautes Laurentides au Bas-du-Fleuve, avec ses 52 sites d'activités répartis dans autant de villes et municipalités québécoises, avec ses 9200 inscriptions rejoignant 7200 personnes retraitées au cours de la dernière année universitaire, l'Université du troisième âge de Sherbrooke, grâce à l'action de ses quelque 500 collaboratrices et collaborateurs bénévoles, est certes l'organisme de formation des personnes retraitées le plus solidement établi sur l'ensemble du territoire du Québec. Et ce n'est pas fini…

En effet, vous avez choisi comme thème tout à fait approprié de ce congrès : « L'université du troisième âge : une nécessité de la société actuelle ». De plus en plus, et pour encore plusieurs décennies, le groupe d'âge que vous représentez est appelé à prendre de plus en plus d'importance non seulement au point de vue démographique, mais aussi au point de vue économique, fiscal, politique et social. Il faut réaliser que 90 % des gens de votre âge sont des consommateurs, des payeurs de taxes, des gens engagés socialement et politiquement.

Une société comme la nôtre doit savoir bâtir avec cette immense richesse d'expérience, de connaissance et de sagesse accumulées et de disponibilité. S'il est vrai de dire que la formation est l'œuvre de toute une vie, force nous est de reconnaître que la formation continue des personnes retraitées est aujourd'hui et va devenir de plus en plus une nécessité de première importance dans une perspective de progrès social. De nos jours, plus de gens vivent plus longtemps qu'autrefois. Aussi, fournir aux personnes retraitées les outils nécessaires pour qu'elles prennent soin de leur santé au moyen d'une hygiène de vie adaptée à leur condition, qu'elles mettent à profit leur expertise et leur connaissance, qu'elles expriment ce qu'elles vivent et ressentent, qu'elles transmettent les valeurs qui ont inspiré tout leur vie, qu'elles jouent le rôle social qu'elles sont en mesure de jouer et qu'elles veulent jouer, voilà une entreprise et un défi qui font appel à toutes les forces vives de notre collectivité.

À cet égard, je suis heureux de constater que, par l'Université du troisième âge, par l'action de ses animateurs et la contribution exceptionnelle de ses collaboratrices et collaborateurs bénévoles, l'Université de Sherbrooke a pu innover au Québec et prendre une longueur d'avance auprès des milliers de personnes retraitées qui tiennent à occuper toute la place qui leur revient dans notre société.

C'est sans hésitation que j'affirme que l'Université du troisième âge de Sherbrooke remplit un rôle nécessaire dans notre société. Elle le fait malgré la modestie des moyens dont elle dispose et grâce au bénévolat de ses collaboratrices et de ses collaborateurs. Elle constitue en outre un lieu privilégié où continue de s'exercer, pour le plus grand profit des participantes et participants, cette belle synergie entre l'Université de Sherbrooke et son personnel retraité. Pour toutes ces raisons, l'Université du troisième âge apporte une contribution originale, importante et reconnue au rayonnement de l'Université de Sherbrooke à travers le Québec. 

Vous avez choisi, avec sagesse, de souligner ce premier quart de siècle d'activités au service des personnes retraitées en associant, à l'occasion de ce congrès, activités de formation, d'échange, de réflexion, de reconnaissance et de détente. Il en ressortira, j'en suis convaincu, un ensemble d'idées nouvelles ou partagées qui contribueront à faire de l'Université du troisième âge une composante encore plus importante et reconnue de la mission de l'Université de Sherbrooke.

À toutes et à tous, je souhaite un excellent congrès et un très agréable séjour sur notre campus.