Le suicide
Qu’est-ce que le suicide
Littéralement, le suicide est le meurtre
de soi-même. C’est l’«acte de se donner soi-même la mort».[1]
Souvent, dans la définition du suicide, l’intention de se donner la mort est
incluse. Cependant, il est difficile d’établir une réelle corrélation entre
l’intention de mourir et le résultat de l’acte suicidaire. Par exemple, un acte
suicidaire qui se veut en fait un appel peut résulter en un suicide complété.
D’après les statistiques de
l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ un million de personnes sont
mortes suicidées en 2000, et 10 à 20 fois plus de personnes ont fait une
tentative de suicide. Ceci représente une mort par suicide toutes les 40
secondes et une tentative de suicide toutes les 3 secondes. Toujours selon
l’OMS, le suicide est la treizième cause de décès dans le monde, et serait l’une
des trois premières causes de mortalité parmi les 15-34 ans. De plus, une mort
par suicide affecterait en moyenne six autres personnes. Au Québec seulement, on
compte près de 1350 suicides par année. C’est donc dire que le suicide est un
problème d’ampleur, qui mérite notre attention et notre conscience.
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Les facteurs en cause dans le suicide
Les motivations à se suicider
Souvent, le suicidé nous laisse avec
cette question amère à la bouche : «Pourquoi?». Chaque suicide a une histoire et
un sens et n’est pas causé par un seul événement. Pour la majorité des
suicidaires, le suicide représente la cessation de la souffrance ou la seule
réponse face à leur désespoir. Pour certaines personnes, leur suicide est un
appel à l’aide. Pour d’autres, le suicide est l’expression agressive d’une haine
de soi ou d’une haine entretenue à l’égard de quelqu’un d’autre. Dans certains
cas de deuil non résolu, le suicide est issu d’un désir de réunion avec la
personne ou l’objet perdu. Pour d’autres encore, le sentiment de culpabilité est
tellement grand que le suicide est la réponse au désir d’expiation du
suicidaire. Enfin, le suicide peut prendre place à l’intérieur d’un délire.
Les facteurs prédisposants
Les facteurs prédisposants rendent la
personne plus vulnérable au suicide. Ils sont issus des antécédents familiaux
(histoire familiale de suicide, de violence et d’abus, alcoolisme ou toxicomanie
des parents, pertes vécues en bas âge…), et de l’entourage (isolement,
banalisation du suicide…). Ils comprennent de plus les facteurs individuels
(problème de santé mentale, trouble de la personnalité, deuils non résolus,
tentatives de suicide antérieures, croyance que l’on n’est pas aimé et qu’on ne
le sera jamais…).
Les facteurs de risque
Les facteurs de risque accentuent le
niveau de risque présent. Ils sont de plusieurs ordres. Les problèmes de santé
mentale multiplient par 10 le risque de suicide. Selon les études, entre 80% et
100% des personnes mortes par suicides souffraient d’un problème de santé
mentale, et notamment de dépression. L’alcoolisme et la toxicomanie augmentent
de 20% le risque suicidaire. Les maladies chroniques et débilitantes ou
invalidantes augmentent de 25% les risques de suicide. Les idéations suicidaires
ainsi que les stress psychosociaux (difficultés économiques persistantes,
isolement affectif, problèmes d’adaptation, instabilité familiale, chômage,
perte récente d’un être cher... ) sont également des facteurs de risque
importants.
Les facteurs précipitants
Les facteurs précipitants agissent comme
déclencheur de l’acte suicidaire. Il peut s’agir d’un événement déstabilisateur
qui est vécu comme blessant, pénalisant et/ou humiliant. Il peut s’agir
également de l’atteinte du seuil de tolérance à la souffrance par la personne
suicidaire. Enfin, la disponibilité d’un moyen pour se suicider (voiture,
médicaments, couteau, arme à feu…) peut précipiter le passage à l’acte.
Les facteurs de protection
Les facteurs de protection sont
constitués des dispositions personnelles (tempérament, habiletés
intellectuelles, habiletés sociales, connaissance de soi, qualité des stratégies
d’adaptation, utilisation de l’humour…) et des liens significatifs avec autrui.
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La notion de crise
Toute personne cherche à maintenir un
certain état d’équilibre, et a développé ainsi des mécanismes et stratégies
d’adaptation. Cependant, face à certains événements perturbateurs, ces
stratégies habituelles ne fonctionnent pas. La personne dont les stratégies
d’adaptation habituelles sont mises en échec vit alors une période de crise.
C’est une période de désorganisation et de trouble intense, durant laquelle la
personne va tenter de nouvelles solutions afin de sortir de la crise. Par
exemple, une personne vit une rupture amoureuse, elle met alors en place ses
stratégies d’adaptation habituelles (ex. : aller voir des amis, regarder la
télévision, faire de l’exercice physique) mais celles-ci ne fonctionnent pas
pour faire diminuer la souffrance; la personne essaye alors de nouvelles
solutions (ex. : aller voir un psychologue, boire de l’alcool, rencontrer de
nouvelles personnes) qui peuvent être adéquates et efficaces ou non.
Il peut y avoir résolution adéquate de
la crise si la personne a appris de nouvelles stratégies d’adaptation et qu’elle
atteint un degré de fonctionnement supérieur à celui d’avant la crise. Il peut y
avoir retour à l’équilibre antérieur si la personne retrouve son degré de
fonctionnement d’avant la crise. On parle de résolution inadéquate de la crise
lorsque la personne utilise des stratégies efficaces à court terme mais néfastes
à long terme, et qui servent surtout à engourdir la souffrance (il s’agit par
exemple de la psychosomatisation, et de la consommation d’alcool ou de drogues).
Dans ce dernier cas, la personne reste dans un état de vulnérabilité. Enfin, il
peut y avoir précipitation vers une crise suicidaire si le suicide apparaît
comme la seule solution possible.
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La crise suicidaire
La crise suicidaire est généralement le
fruit d’un processus suicidaire. Au cours de ce processus, l’idée du suicide
prend de plus en plus de place et est finalement envisagée comme la seule
solution possible par la personne suicidaire. Il faut cependant retenir que
l’ambivalence est toujours présente, et que nous pouvons nous en servir pour
aider la personne suicidaire à retrouver de l’espoir et à ne pas suicider.
Le processus suicidaire se déroule en 6
phases. Les voici brièvement décrites.
Phase 1 : la recherche de stratégies ou de solutions à la
crise
Il s’agit de la période de crise où la
personne recherche activement des solutions à la situation souffrante et élimine
les solutions inefficaces. À cette étape, le suicide n’a pas encore été
envisagé, ou alors seulement à travers une vague idée telle que «j’aimerais être
loin d’ici», «j’aimerais dormir assez longtemps pour que tout ça soit passé». À
cette phase, on peut observer un changement dans le comportement de la personne.
Phase 2 : l’apparition des idées suicidaires
À un moment donné, l’idée du suicide
apparaît clairement pour la première fois comme une solution possible pour faire
taire la souffrance. Cette idée apparaît sous forme d’un «flash» et peut
surprendre la personne elle-même. L’idée peut ne plus jamais revenir ou au
contraire réapparaître plus tard.
Phase 3 : la présence plus fréquente d’idées suicidaires
Face aux échecs répétés des solutions et
stratégies d’adaptation mises en place, la personne connaît une baisse d’estime
de soi et vit un sentiment grandissant d’inadéquation. Elle se sent dans une
impasse et s’attarde de plus en plus sur l’idée du suicide qui devient peu à peu
sérieuse et persistante. Des pensées telles que «cela ne donne rien de me
battre», «j’aurais la paix, je n’aurai plus mal», «cela règlerait les choses»,
«si je pouvais avoir un accident», sont de plus en plus fréquentes. À cette
étape, on peut observer des messages verbaux indirects.
Phase 4 : la rumination de l’idée suicidaire
Cette phase est caractérisée par une
grande angoisse face à l’incapacité de régler la crise et le sentiment d’être
dans une impasse. L’idée suicidaire devient quasi obsédante. La personne est de
plus en plus convaincue qu’il n’existe pas d’autre solution à sa souffrance. À
ce stade-ci, on peut observer des messages verbaux directs.
Phase 5 : la cristallisation
Ici, le suicide est retenu comme la
seule solution possible. La décision de se suicider est prise et la personne
élabore son plan en déterminant où, quand et comment elle va se suicider.
Lorsque la planification du suicide est terminée, le passage à l’acte peut être
très rapide ou alors être reporté à un événement particulier (date anniversaire,
obtention de pilules, réponse à une demande…). C’est la période durant laquelle
la personne suicidaire rédige son testament, écrit des lettres d’adieu, donne
des objets qui ont une valeur sentimentale pour elle, etc. Parfois, comme la
personne entrevoit la fin prochaine de ses souffrances, elle peut montrer des
signes soudains de mieux-être. Il faut être très vigilant à tous ces indices
comportementaux car le passage à l’acte est proche. Cependant, le besoin de la
personne suicidaire demeure celui de cesser de souffrir et non celui de mourir,
et donc notre pouvoir d’agir existe encore.
Phase 6 : le passage à l’acte
La personne met son plan à exécution,
avec ou sans événement déclencheur. S’il y a présence d’un événement
déclencheur, celui-ci peut paraître banal à l’entourage, mais il faut se
rappeler que ce n’est que la goutte d’eau qui fait déborder le vase.
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Les signes précurseurs
Les signes précurseurs peuvent être de
plusieurs ordres : messages verbaux, indices comportementaux et indices émotifs
et cognitifs.
Les indices comportementaux
-
Le changement radical dans les
attitudes ou dans les comportements
-
L’isolement
-
La préoccupation face à la mort ou
la vie après la mort, l’intérêt pour les armes à feu ou les médicaments
-
Le don d’objets significatifs
-
La mise en ordre de ses affaires
(faire son testament, écrire pour régler des querelles, ranger ses
affaires…)
-
La diminution de la performance
professionnelle ou scolaire
-
La consommation abusive ou
inhabituelle d’alcool, de drogues ou de médicaments
-
La tenue vestimentaire et/ou
l’hygiène personnelle négligées
-
Les changements dans les habitudes
alimentaires (perte d’appétit, suralimentation) et de sommeil (insomnie ou
hypersomnie)
-
Les plaintes relatives à des
douleurs vagues, des maux de tête, des malaises; la visite récente chez le
médecin
-
L’acquisition de moyens pour se
suicider (achat d’une corde ou d’une arme à feu, accumulation de
médicaments…)
Les indices émotifs et cognitifs
-
Pessimisme
-
Perte de plaisir, de désir et
d’intérêt
-
Brusques changements d’humeur,
agressivité
-
Humeur dépressive
-
Ennui, tristesse, apathie,
découragement, sentiment de culpabilité, désespoir
-
Incohérence, confusion dans le
langage
-
Indécision, difficultés d’attention
et de concentration
-
Émotions contradictoires et
changeantes (rires suivis de pleurs, colère…)
Les messages verbaux plus ou moins directs
-
«Bientôt, je vais avoir la paix de
tous ces problèmes»
-
«Je vais partir pour un long voyage»
-
«Des fois j’aimerais mieux être
mort»
-
«Je n’ai jamais rien réalisé de bon
dans la vie de toute façon»
-
«Je veux mourir, je n’en peux plus»
-
«Je n’ai plus le goût de vivre»
-
«Ça t’est déjà arrivé, à toi, de
penser au suicide?»
-
«J’ai peur d’en arriver là, j’ai
peur de le faire»
-
«Des fois je pense à me tuer»
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Que faire si l’on se sent suicidaire?
Sachez que vous pouvez vous en sortir
Si vous envisagez le suicide comme seule
solution à votre souffrance, c’est que vous n’avez pas encore accès aux
ressources nécessaires pour transformer votre souffrance. Vous pouvez donc soit
trouver un moyen de réduire votre souffrance de manière constructive, soit
trouver un moyen d’accéder à de nouvelles ressources pour vous aider à porter
cette souffrance. Et c’est faisable, d’autres personnes sont passées par là et
s’en sont sorties… et sont très heureuses d’être bien en vie aujourd’hui.
Accordez-vous un délai et prenez une distance
Reportez votre décision de mettre fin à
vos jours, accordez-vous au moins 24 heures. Prenez de la distance avec la
sensation de souffrance et l’envie de vous suicider. Devenez l’observateur de
votre vécu. Réalisez que la souffrance est une vague et que ce n’est pas parce
que vous souffrez intensément en ce moment que cela va toujours être le cas,
sans échappatoire possible. Ce n’est pas parce qu’en ce moment vous n’avez pas
accès aux ressources nécessaires pour porter et transformer votre souffrance que
cela va toujours être le cas, donnez-vous le temps de développer ces ressources.
Parlez de votre souffrance
Faire le pas de parler et d’exprimer
votre souffrance est déjà un moyen de trouver des ressources en vous et autour
de vous pour vous aider à faire face à cette souffrance et retrouver votre
équilibre. C’est important de demander de l’aide. Vous n’êtes pas faible ou
mauvais parce que vous pensez au suicide ou que vous demandez de l’aide.
Adressez-vous à une personne de confiance, à un professionnel de la santé, un
psychologue ou à un centre d’écoute. Par exemple, appelez le 1 866 APPELLE
(1 866 277 3553). Ne restez pas seul ou seule avec votre souffrance.
Prenez soin de vous
Agissez envers vous comme vous le feriez
pour un grand ami qui traverse une période très difficile. De plus, si certaines
personnes autour de vous réagissent mal à votre souffrance ou à vos idées
suicidaires, et qu’elles ont des paroles ou des gestes maladroits et
irréfléchis, rappelez-vous que cela n’a rien à voir avec vous; cela est en lien
avec leurs peurs à elles. Ne prenez pas le fardeau de leur vécu sur vos épaules,
vous en avez amplement assez avec le votre.
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Que faire pour aider une personne suicidaire?
Tout d’abord, si une personne parle de
se suicider ou donne des signes de détresse psychologique importante, prenez le
risque de suicide au sérieux. Rappelez-vous aussi de vous respecter dans vos
limites dans la situation et face à la personne suicidaire, et de respecter la
personne dans ses limites. Ne prenez pas la responsabilité de ce que vit et fait
la personne suicidaire. Ne faites pas tout à sa place pour tenter de l’aider,
cela ne ferait que la confirmer dans son sentiment d’incapacité et de nullité.
Le besoin réel de la personne suicidaire est en effet de sentir du support et de
l’accompagnement et non pas d’être déresponsabilisée et totalement prise en
charge.
Ne gardez pas le secret mais restez discret
Souvent, lorsqu’une personne suicidaire
ose se confier à quelqu’un, elle lui demande de garder le secret sur sa
souffrance et ses intentions suicidaires. Si une personne suicidaire vous fait
une telle demande, rappelez-vous que vous ne pouvez pas l’aider en gardant le
secret, car elle a besoin d’aide professionnelle. Vous pouvez vous engager à la
discrétion plutôt qu’au secret et dire par exemple à la personne suicidaire :«Je
ne peux être complice de ton suicide sans rien dire ni faire, je veux t’aider et
je ne peux le faire en gardant le secret. Par contre, je m’engage à être
discret». Vous pouvez ainsi l’inviter à choisir avec vous les personnes ou les
ressources à qui parler et qui pourraient lui venir en aide. Aussi, ne restez
pas seuls ou seule, parlez à des personnes dignes de confiance et exprimez ce
que vous vivez dans cette situation.
Aidez la personne à se bâtir un réseau d’aide
Dans un premier temps, assurez-vous que
la personne suicidaire est en contact avec une personne ressource
professionnelle qui peut évaluer et adresser sa détresse psychologique. Vous
pouvez ainsi aider la personne suicidaire à trouver et contacter des ressources
pertinentes et à se bâtir un réseau d’aide. Donnez-lui les coordonnées de
ressources disponibles 24h/24. Par exemple le 1 866 APPELLE (1 866 277 3553),
qui est le numéro de prévention suicide au Québec. Rassurez-là également sur le
fait que vous resterez disponible pour elle même si vous l’aidez à bâtir un
réseau d’aide.
Agissez si l’urgence suicidaire est élevée
Lorsque les circonstances ou l’urgence
semblent l’exiger, n’hésitez pas à agir. Par exemple, appelez le 911 ou
rendez-vous avec la personne suicidaire à l’hôpital le plus près. En cas de
danger immédiat, restez aux côtés de la personne suicidaire.
Écoutez
Si vous vous sentez à l’aise de le
faire, écoutez sans juger. Créez un climat de confiance : soyez empathique,
authentique et offrez votre chaleur humaine. Encouragez la personne à parler de
sa souffrance et de ce qu’elle vit, demandez-lui ce qui la fait souffrir au
point de vouloir mourir. Faites preuve de patience et essayez de comprendre sa
douleur. Évitez de moraliser et de juger.
Évaluez le risque que la personne se suicide
prochainement
Encore une fois, si vous vous sentez
suffisamment à l’aise de le faire, demandez directement à la personne si elle
pense à se suicider, si elle a déjà pensé à un plan (où, quand et comment elle
pense se suicider), et lequel. Demandez-lui si le moyen auquel elle a pensé est
facilement accessible. Retenez que plus le plan est détaillé et le moyen
facilement accessible, et plus le risque immédiat est élevé.
Aidez la personne suicidaire à réduire les risques de
passage à l’acte
Si vous avez déjà parlé du suicide avec
la personne suicidaire, vous pouvez l’aider à rendre l’environnement le plus
sécuritaire possible en se débarrassant des moyens accessibles qui sont
susceptibles d’être utilisés pour mettre son plan à exécution. Aidez-la à vous
confier les objets dangereux (médicaments, armes à feu, couteaux de cuisine… ).
Prenez une entente de non-suicide avec la personne suicidaire : «Promets-moi que
d’ici à …, tu ne poseras aucun geste susceptible de mettre ta vie en danger.»
Aidez la personne à tendance suicidaire à augmenter ses
ressources pour faire face à sa souffrance
Si une personne songe sérieusement à se
suicider, c’est généralement qu’elle sent qu’elle n’a pas les ressources pour
faire face à sa souffrance. Aidez-là à trouver de l’espoir et de nouvelles
ressources. Lorsque la personne suicidaire n’est pas ou n’est plus en danger
immédiat de se suicider, encouragez-la par exemple à rencontrer des gens et à
faire des activités qui sont importantes pour elle. Établissez avec elle un plan
d’action qui lui redonne espoir. Aidez-là à ne pas s’isoler et à reconnecter à
un certain plaisir de vivre. Encouragez-la également à parler de ce qui pourrait
la rendre heureuse et essayez de trouver avec elle des solutions pour passer à
travers la crise et diminuer sa souffrance. Ne lui donnez pas vos conseils et
recettes de bonheur, mais aidez-la à faire émerger ses recettes de bonheur à
elle.
Méfiez-vous du mieux-être soudain de la personne
suicidaire
Si la personne suicidaire montre
soudainement et sans raison apparente des signes de mieux-être, cela peut
indiquer que le danger de passage à l’acte est très élevé. Si vous vous sentez
inquiet ou inquiète, parlez-en ouvertement avec la personne suicidaire.
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Les mythes reliés au suicide
Ceux qui en parlent ne le font pas
Faux. «En réalité, sur 10
personnes qui se suicident, 8 donnent des indices verbaux de leurs intentions
suicidaires. Toute allusion au suicide ou à la mort doit être prise très au
sérieux, car pour la personne suicidaire, parler du suicide est peut-être sa
dernière tentative d’exprimer sa souffrance. »[2]
Ceux qui se suicident sont vraiment décidés à mourir
Faux. En réalité, ce n’est pas la
mort qui est recherchée, c’est la fin de la souffrance. Pour la personne
suicidaire, le suicide est la seule issue. Elle vit donc de l’ambivalence entre
vivre et cesser de souffrir.
Le suicide est un acte de courage; le suicide est un acte
de lâcheté
Faux. La personne suicidaire
n’envisage pas son suicide en termes de courage ou de lâcheté. Pour elle, il n’y
a tout simplement pas d’autre choix possible.
Le suicide se produit sans avertissement
Faux. «Le suicide est le plus
souvent l’aboutissement d’un processus au cours duquel la personne donne des
signes de sa détresse et de son intention suicidaire»[3].
Ces signes peuvent être verbaux, comportementaux et/ou émotifs.
Le suicide est héréditaire
Faux. Même si l’hérédité joue un
rôle dans l’apparition de difficultés psychologiques importantes, le suicide
n’est ni héréditaire ni transmis génétiquement. «L’existence de plusieurs
tentatives ou suicides complétés parmi les membres d’une même famille résulte
plutôt d’un comportement appris où le suicide est une façon de régler ses
problèmes.»[4]
Parler du suicide à une personne perturbée lui donnera
l’idée de passer à l’acte
Faux. Évidemment, tout dépend de
comment nous parlons du suicide à la personne suicidaire ou perturbée. Si nous
ouvrons la porte à la discussion en demandant directement à la personne si elle
pense à se suicider, cela peut déboucher sur un réel dialogue à travers lequel
elle pourra exprimer sa souffrance.
L’amélioration suite à une crise signifie que le danger
est passé
Faux. Au contraire,
l’amélioration soudaine de l’humeur dans un processus suicidaire peut indiquer
une urgence et un risque élevés. En effet, plusieurs suicides se produisent dans
les quelques jours, semaines ou mois suivant une amélioration subite. Il faut
donc demeurer très vigilant.
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Le deuil causé par un suicide
Les particularités du deuil suite à un suicide
En raison du fait que le suicide est une
façon de mourir qui ne devrait pas être, et en raison des liens particuliers que
l’on fait au plan psychologique, de nombreux auteurs soutiennent que le deuil
causé par un suicide est plus long et plus intense. Notamment, les sentiments de
culpabilité, de honte et les sentiments de colère envers le suicidé peuvent être
très intenses. Également, le fait que les personnes de l’entourage se sentent
souvent démunies pour aider les personnes endeuillées par suicide et restent
donc plutôt en retrait est souvent ressenti comme du rejet et de la
stigmatisation sociale par les personnes endeuillées. Certaines personnes
endeuillées par suicide peuvent également vivre du soulagement. Il faut se
rappeler qu’à court terme, toutes les réactions intenses et considérées
habituellement comme exagérées sont tout à fait normales dans le contexte.
Soutenir une personne endeuillée par suicide
Une personne endeuillée par suicide a
besoin de parler : de sa peine, des détails du suicide, de ses émotions, de ses
réactions, de ses doutes. Elle a également besoin d’être rassurée, d’entendre
que sa peine diminuera graduellement et que ses émotions sont légitimes. Cette
personne a peut-être également besoin de pleurer ou de crier pour exprimer sa
rage, sa douleur et son désespoir. Si vous connaissez une personne endeuillée
par suicide, vous pouvez l’aider en étant présente ou présent à elle, en
l’écoutant, en la rassurant, en l’aidant à faire place à ce qui est, et en
l’aidant à se faire du bien. Vous pouvez également la référer à un organisme qui
offre de l’accompagnement aux personnes endeuillées par suicide.
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Liens utiles
Voir la page Liens utiles - section suicide.
Sources
Association québécoise de suicidologie.
(1996). Le suicide : comprendre et intervenir.
http://www.aqps.info/docs/suicide/index.html, 2006.
Conroy, D.L. If you are thinking about
suicide… read this first.
http://www.metanoia.org/suicide/, 2006.
Traduit et adapté en français à
l’adresse suivante par Stéphane Barbery
http://www.barbery.net/psy/suicide/lisezceci.htm, 2006.
Grand dictionnaire de la psychologie.
(1999). Paris : Larousse.
Gratton, F. (1999). Secret, deuil et
suicide : recension d’écrits. Université de Montréal.
Hanus, M. (2004). Le deuil après
suicide. Paris : Éditions Maloine.
Organisation mondiale de la santé.
(2001). La prévention du suicide : Indications pour les médecins généralistes.
Genève.
http://www.who.int/mental_health/media/en/57.pdf, 2006.
Organisation mondiale de la santé
(2002). Rapport mondial sur la violence et la santé. Chapitre 7 : la violence
dirigée contre soi-même. Genève.
http://www.who.int/violence_injury_prevention/violence/world_report/en/chap7fr.pdf,
2006.
Séguin, M. et Huon, P. (1999). Le
suicide : comment prévenir, comment intervenir. Outremont : Les Éditions
Logiques.
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