Toujours poète

par Bruno Levesque

À une époque où la réussite est souvent synonyme de cottage dans un beau quartier, de luxueuses voitures importées et d'organisateurs Palm, les poètes ne font pas souvent les premières pages des magazines. On célèbre avec respect les poètes du passé, mais on ne prête guère l'oreille à ce que disent ceux d'aujourd'hui.

S'il en est un pour qui cette image est appropriée, c'est bien Daniel Roy. Poète depuis maintenant 25 ans, il ne s'est que très rarement retrouvé sous les feux de la rampe. Son désir de faire entendre sa poésie sans se soucier ni des écoles ni des modes lui a valu d'être le plus souvent ignoré par les cercles in-fluents du monde littéraire. Sa personnalité entière, son refus des concessions et son parti pris pour la liberté ont concouru à faire de lui un écrivain de la marge, un poète sans gloire ni or. «Le pire, c'est que je suis un poète en région, ajoute-t-il. Si tu ne vis pas à Montréal, tu n'existes pas. Tu es mort et enterré.»

Titulaire d'un baccalauréat en littérature de l'Université de Sherbrooke depuis 1992, Daniel Roy a travaillé comme éducateur en garderie pendant une quinzaine d'années et a publié 14 recueils de poèmes, tous à compte d'auteur. Il anime aussi des ateliers de poésie pour tous les publics, qu'ils soient issus du primaire ou de l'université. Ces rencontres l'ont mené aux quatre coins du Québec, mais aussi à Lyon, à Poitiers, à Strasbourg, à Montpellier et même à Iasi, en Roumanie.

Daniel Roy ne court pas les honneurs. Et la réciproque est aussi vraie. Néanmoins, il a sa place aux côtés d'Alfred Desrochers et de Richard Séguin dans les Sentiers poétiques de Saint-Venant. Il a aussi reçu le prix Ronald-Gasparic 2000, remis par le Musée de littérature roumaine de Iasi, pour la qualité de son œuvre poétique. Son noms'ajoutait alors à une liste courte mais prestigieuse de poètes québé-cois : Gaston Miron, Anne Hébert et Gilbert Langevin. Plus récemment, il a aussi mérité le prix littéraire Juge-Lemay 2001 de la Société Saint-Jean-Baptiste de Sherbrooke.

Ces honneurs changeront-ils le poète? Peu probable, du moins si l'on se fie au premier intéressé : «À un moment donné, tu te fais descendre, puis tu te fais remonter. Tu te promènes en ascenseur. Il ne faut pas accorder trop d'importance à ça. J'écris des poèmes depuis25 ans et je vais continuer parce que c'est une passion pour moi. Mon rêve serait d'arriver à vivre de mon métier. Comme un livreur de journal ou un gardien de zoo.»
L'ère du virtuel, de la mondialisation des marchés et de l'expansion vertigineuse des technologies est une réalité à laquelle on n'échappera pas. L'homme doit devenir homo numericus ou disparaître. L'avenir appa-rtient à ceux qui détiennent le Savoir technologique, informatique et scientifique de haut niveau. Seules ces personnes auront accès au travail, à la richesse.

Pourquoi, alors, tant de décideurs continuent à prôner des stratégies de création d'emplois périmées qui conduiront une majorité de gens à la misère? Fernand Landry (Éducation 1963, 1965, Physique 1967), physi-cien et entrepreneur, montre du doigt la bactérie perni-cieuse qui sévit en politique, dans les syndicats, dans les entreprises et dans les universités : la bureaucra-tomanie.

Homme d'action, l'auteur propose des stratégies de gestion innovatrices qui permettent à l'homo de s'épanouir dans un monde de robots et d'ordinateurs. Formation axée sur le Savoir, gestion du personnel socialisante, incubateurs virtuels, subventions à la performance universitaire sont autant de solutions qu'il propose, quitte à heurter quelques dinosaures.
Le choc du Savoir
Fernand Landry
Éditions Transcontinental et Éditions de la Fondation de l'entrepreneurship, 2001, 247 pages
Cours tant que tu voudras
La liberté et le courage de foncer
Johanne Lacroix
JoLanne l'éditrice, 2001, 296 pages
Cours tant que tu voudras
La liberté et le courage de foncer
Johanne Lacroix
JoLanne l'éditrice, 2001, 296 pages

Le sport de la course automobile fascine le public. Dans cet univers presque mythique combattent la force humaine et le métal hurlant, la mécanique et les émotions. C'est un monde rempli de héros – on n'a qu'à penser au légendaire Gilles Villeneuve – qui , tous, ont un récit de vie passionnant à faire entendre.

Dans cet ouvrage, Johanne Lacroix (Études fran-çaises 1997) présente les témoignages inédits et abondamment illustrés de 17 personnages de la course automobile plus grands que nature : Michel Barrette, Alain Bellehumeur, Marc-Antoine Camirand, Patrick Carpentier, Jacques Deshaies, Jacques Duval, Gabriel Gélinas, Bertrand Godin, Pierre Houde, Anne Roy, Isabelle Roy, Bruno Saint-Jacques, Didier Schraenen, Richard Spénard, Alexandre Tagliani, Christian Tortora et Jean-François Veilleux.

Coureurs, commentateurs, organisateurs, mordus incontournables, ces femmes et ces hommes québécois sont animés des mêmes valeurs : la force, le courage, la connaissance de soi, le dépassement. Ils ont été réunis pour faire de Cours tant que tu voudras un ouvrage unique, empreint de leur générosité et de leur chaleur.
Les écrivains Jean-Paul Desbiens et Jean O'Neil
(B. A. 1957) nous font entrer dans l'intimité de leurs échanges épistolaires. Le célèbre auteur des Inso-lences du frère Untel écrivait une première lettre
à Jean O'Neil en février 1993 après avoir lu son ou-vrage Promenades et Tombeaux. Ils n'ont pas cessé de correspondre depuis.

Délectable, cette correspondance possède l'âpreté que permet l'intimité, la sincérité que requièrent l'amitié et le respect. Remarques sur l'actualité et
ses personnages, commentaires de lectures, discus-sions sur les auteurs aimés ou détestés, ces propos échangés «entre Jean» invitent à un savoureux partage.
Entre Jean
Jean O'Neil et Jean-Paul Desbiens
Éditions Libre Expression, 2001,
342 pages