La philosophie moderne
Dans le cadre du Laboratoire de recherche sur la pensée moderne, les recherches menées en philosophie moderne portent avant tout sur ce que Michel Onfray appelle la contre-histoire de la philosophie, c’est-à-dire une philosophie encore méconnue, souvent sacrifiée au profit de l’étude des systèmes, et qui gagne pourtant à être reconnue comme une force autonome ayant contraint les philosophes systématiques à se positionner contre elle en tâchant de la réfuter. À cet égard, les travaux en cours du Laboratoire portent sur différents courants de la modernité comme le scepticisme, le solipsisme, la philosophie clandestine ou encore le libertinage, sans néanmoins sacrifier l’étude des penseurs systématiques, mais en les replaçant à l’intérieur de débats qui ont contribué à structurer leur pensée et à édifier plus solidement encore leur système.
Dans cette perspective, plusieurs axes de recherche ont été dégagés ces dernières années qui ont donné lieu à des séminaires de recherche et se sont traduits ou se traduiront par des publications : les raisons internes qui expliquent le déclin du cartésianisme à la fin du XVIIe siècle, que ce soit à cause de l’opposition frontale de ses nombreux adversaires (Descartes et ses critiques, Québec, PUL, 2011), en particulier sceptiques (édition critique à venir des œuvres philosophiques de Pierre-Daniel Huet et de Simon Foucher), ou bien à cause des contradictions internes des thèses cartésiennes (édition critique de textes attribués à Ameline parue chez Vrin en 2009) ; l’importance de l’immatérialisme pour la philosophie des Lumières à travers la compréhension des débats autour de l’épineuse question de l’existence du monde extérieur qui traverse tout le XVIIIe siècle (Immatérialisme et scepticisme au XVIIIe siècle. Berkeley dans la pensée des Lumières, Paris, Vrin, 2003; Épistémologie et science selon Berkeley, Québec, PUL, 2004); la question de la nature et du statut du scepticisme moderne (Scepticisme et modernité, Saint-Étienne, PUSÉ, 2005 ; Scepticisme et Lumières, Dordrecht, Springer, 2011) ou bien encore l’importance de la pensée clandestine à l’âge classique (Tangence, 81, 2006).
Pour plus informations, voir le site du Laboratoire de recherche sur la pensée moderne
Responsable : Sébastien Charles
