Création du Centre d’étude et de développement pour l’innovation technopédagogique

Un arrimage judicieux entre la pédagogie et la technologie en enseignement supérieur

Le professeur Denis Bédard, directeur du CEDIT, entouré de Nathalie Lefebvre, coordonnatrice et de Dominique Martel, collaboratrice.
Le professeur Denis Bédard, directeur du CEDIT, entouré de Nathalie Lefebvre, coordonnatrice et de Dominique Martel, collaboratrice.
Photo : Michel Caron

12 novembre 2012

Nouvelles UdeS

Accompagner stratégiquement et ponctuellement le personnel enseignant des milieux collégiaux et universitaires lors de la conception de solutions pédagogiques et technologiques innovantes. Centrer ses interventions sur l’apprentissage des étudiantes et étudiants en enseignement supérieur aussi bien en présence que dans le cadre de formations à distance. Être sensible aux besoins particuliers des établissements situés en région.

Voilà quelques visées du Centre d’étude et de développement pour l’innovation technopédagogique (CEDIT), créé dans le cadre du concours 2011-2012 du Programme de collaboration universités-collèges. Pour ce faire, des acteurs du milieu collégial et du milieu universitaire se sont regroupés afin d’agir comme catalyseurs par des actions visant la conception, le développement et le transfert de pratiques d’enseignement qui intègrent des solutions technopédagogiques innovantes.

Financés par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport du Québec, l’Université de Sherbrooke, le Cégep de Matane et le Cégep de la Gaspésie et des Îles ont uni leurs expertises pour valoriser les pédagogies actives en prenant appui sur les technologies de l’information et de la communication (TIC).

Créer une synergie entre les deux ordres de l’enseignement supérieur

«Nous avons senti le besoin de mettre en place ce qu’on appelle une communauté de développement d’outils, de ressources et de solutions technopédagogiques pour faire en sorte que les enseignants dans les milieux de formation puissent s’entraider et être accompagnés tout au long de leur parcours de développement. Nous pourrons ainsi voir des idées soumises qui pourront être adaptées, implantées dans de nouveaux contextes, dans différentes salles de classe, dans les cégeps comme dans les universités», affirme Denis Bédard, directeur du Centre d’étude et de développement pour l’innovation technopédagogique.

Mais pourquoi le Cégep de Matane et le Cégep de la Gaspésie et des Îles, en particulier? «Au Québec, les cégeps et les universités vivent un peu en autarcie d’un point de vue pédagogique, explique le professeur Bédard. Qui plus est, ces deux cégeps vivent une réalité commune qui est celle d’être sur des territoires immenses à couvrir : par exemple, le Cégep de la Gaspésie et des Îles, malgré qu’il soit relativement petit en nombre d’étudiants, se subdivise sur quatre sites différents, soit Gaspé, Carleton, Chandler et les Îles-de-la-Madeleine. Dans ce contexte, l’intégration des technologies est souvent une question de survie. Cette situation appelle une réflexion sur les conséquences pédagogiques de l’usage du numérique par les enseignants.»

Les actions du CEDIT visent donc à accompagner les enseignants, qu’ils soient ou non en régions éloignées, dans le développement de matériel et de méthodes pédagogiques qui favorisent l’engagement actif des étudiants. Une attention particulière est mise sur la possibilité de transférer des solutions technopédagogiques dans les milieux de formation collégiaux et universitaires en prenant explicitement en considération leurs caractéristiques, leurs besoins et leurs spécificités.

Le Centre d’étude et de développement pour l’innovation technopédagogique contribue au partage et à la diffusion des connaissances expérientielles actuelles. La multidisciplinarité est une composante essentielle du CEDIT et de ses membres, puisque les innovations technopédagogiques concernent toutes les disciplines d’enseignement.

«Nous ne sommes pas des promoteurs de solutions a priori, dit Denis Bédard. Nous croyons plutôt à ce qu’on appelle l’intelligence distribuée, c’est-à-dire le partage et la mutualisation de solutions et d’idées pertinentes et intéressantes venant des enseignants eux-mêmes. Nous souhaitons devenir un vecteur de développement de ces propositions, tout en visant à assurer qu’elles rencontrent les qualités pédagogiques et technologiques mises de l’avant dans la littérature spécialisée.»

Le professeur ajoute : «Concrètement, ce que le CEDIT propose, c’est un environnement qui va permettre à des concepteurs de parcours de formations ou de solutions technopédagogiques de déposer leurs idées, qui auront été éprouvées au point d’avoir reçu un sceau de qualité, afin que d’autres enseignants puissent les apprécier et les mettre en application dans leurs propres milieux.

«Alors voilà, il y a des gains pour le concepteur, l’usager et le conseiller pédagogique : ils vont se reconnaître, vont faire connaître leur initiative et qui plus est, vont devenir des mentors, des accompagnateurs pour d’autres profs qui pourront être plus jeunes ou plus vieux. Avec l’usage du numérique, l’expérience n’est pas par elle-même un gage de certification de la qualité du «produit»; les jeunes profs vont pouvoir se faire valoir de façon avantageuse par le biais de cette plateforme.»

Le CEDIT souhaite ainsi créer une synergie entre les deux ordres de l’enseignement supérieur, à savoir le milieu collégial et le milieu universitaire, de même qu’entre les milieux de la recherche, du développement et de la formation, en ce qui a trait à l’innovation pédagogique et technologique.

Être un chef de file et une plaque tournante pour l’innovation technopédagogique en enseignement supérieur, c’est ce que le CEDIT souhaite devenir, en créant ainsi un patrimoine de connaissances des pratiques technopédagogiques exemplaires, au bénéfice des générations actuelles et futures d’étudiants.

Qu’est-ce que la technopédagogie?

La technopédagogie représente un judicieux arrimage entre la pédagogie et la technologie. Ce terme renvoie à des pratiques qui considèrent à la fois les aspects pédagogiques (par exemple, méthodes d’enseignement et d’apprentissage, motivation, compétences à développer chez les étudiants) et les aspects technologiques (par exemple, utilisation de l’ordinateur, du web, des tableaux blancs interactifs).

Dans cette perspective, les moyens technologiques qui sont ciblés et utilisés par les enseignants viennent soutenir le recours à des pédagogies actives. Ils sont mis au service de l’apprentissage des étudiants. Les technologies sont donc considérées comme des moyens et non comme une fin en soi. La finalité commune de ces innovations est l’amélioration de la qualité des apprentissages des étudiantes et étudiants. «Au final, l’une des grandes conditions de la technopédagogie, c’est que ça puisse changer quelque chose dans l’apprentissage des étudiants du cégep et des universités», conclut le directeur du CEDIT.

Et l'avenir du CEDIT?

D’ici le printemps 2013, le Centre d’étude et de développement pour l’innovation technopédagogique aura développé une version initiale ou bêta de son site et l’aura expérimenté auprès d’un échantillon d’enseignants de l’Université de Sherbrooke, du Cégep de Matane et du Cégep de la Gaspésie et des Îles. Par la suite, les ajustements seront faits pour un lancement public des services offerts à l’automne 2013.

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