La kinésiologie appliquée à l'enseignement de la médecine

Les gestes des chirurgiens sous observation

Sherbrooke, le 1 décembre 1999 – La Faculté d'éducation physique et sportive (FEPS) de l'Université de Sherbrooke scrute depuis le début de l'été 1999 les postures et les mouvements des chirurgiennes et chirurgiens de demain afin de mettre sur pied une approche kinésiologique de l'enseignement des gestes chirurgicaux.

L'étude, effectuée en collaboration avec la Faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke et le Centre Universitaire de santé de l'Estrie (CUSE), consiste à observer et à améliorer les gestes et les positions de façon à permettre le maximum de précision et de contrôle des mouvements tout en réduisant les risques de traumatismes corporels qu'occasionne le travail en chirurgie. «On veut corriger les anomalies pour rendre les mouvements plus efficaces et plus précis lors de la pratique d'opérations», explique René Therrien, professeur à la FEPS et initiateur du projet avec Marcel Martin, professeur au Département de chirurgie de la Faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke et chirurgien au CUSE, ainsi que François Prince, professeur à l'Université de Montréal.

Chaque métier présente son lot de malaises physiques. Les chirurgiens n'échappent pas à la règle. Imaginez-vous être debout de huit à dix heures par jour, parfois davantage, les mains à la hauteur du torse, à répéter inlassablement des mouvements de précision… L'étude de la FEPS a donc pour but d'optimiser cette précision des gestes de même que de prévenir les blessures professionnelles occasionnées par cette routine.

Selon René Therrien, l'approche kinésiologique permettra d'inculquer aux résidentes et résidents de la Faculté de médecine les moyens de retarder la fatigue au travail. Forts de ces connaissances, ils seront plus efficaces. La posture, la représentation mentale des instruments nécessaires et la précision des mouvements sont autant de points à l'étude du projet pour de meilleurs rendements lors des opérations chirurgicales.

«L'approche kinésiologique permet au chirurgien de gagner du temps, notamment dans le cas où une équipe de plusieurs chirurgiens doit intervenir pour opérer un patient qui a subi de multiples traumatismes, précise René Therrien. Pour le malade, les risques de complications sont ainsi diminués et sa récupération, plus rapide. L'exercice de ces gestes précis dans la chirurgie présente des avantages considérables : une intervention qui dure normalement 1 h 30 ne prendra que 20 minutes.»

Marcel Martin estime pour sa part que ces précieuses minutes gagnées sont à l'avantage des patients. «Tout le monde veut qu'une opération se déroule rapidement, autant la personne malade que les chirurgiens. Donc, la gestion du temps s'avère cruciale lorsque la vie d'un patient est en jeu», soutient le chirurgien.

La méthode kinésiologique d'enseignement, mise au point par René Therrien, Marcel Martin et François Prince, consiste à filmer les résidents en médecine durant leur entraînement chirurgical. Les séquences sont ensuite analysées par l'équipe de supervision assistée de Serge Savoie et de Mireil Gauthier-Rouleau, deux étudiants à la maîtrise, l'un en kinanthropologie et l'autre en sciences cliniques. À partir des documents visuels, ils transmettent aux résidents leurs commentaires et suggèrent des améliorations à apporter à leur posture et à leurs mouvements. «Le principe de l'enseignement chirurgical, qui est d'observer, de pratiquer et d'enseigner à d'autres par la suite, prend tout son sens ici», commente Marcel Martin.

Sherbrooke demeure le seul endroit au Canada où l'on expérimente l'approche kinésiologique en chirurgie. Après avoir travaillé 15 ans aux États-Unis comme chirurgien, Marcel Martin aspire à développer cette méthode afin de l'appliquer à d'autres centres hospitaliers et aux autres spécialités médicales.

La Society of Universities Surgeons a sélectionné un résumé de la recherche kinésiologique pour publication dans un de ses prochains bulletins et une présentation sur les travaux de l'équipe est prévue à Toronto en février 2000 lors du congrès de la Société. De plus, dès janvier 2000, un regroupement d'hôpitaux de l'Alabama et du Sud des États-Unis va envoyer à l'Université de Sherbrooke des délégations composées surtout de son personnel enseignant pour le familiariser avec l'approche kinésiologique développée par la FEPS.


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Sources :

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Renseignements :

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(819) 821-8000, poste 2720
courriel : rtherrien@feps.usherb.ca

Marcel Martin, professeur, Faculté de médecine
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