La Chaire de coopération

L’idée de la Chaire de coopération jaillit au milieu des années soixante dans l’esprit d’Émile Bouvier, alors directeur du Département d’économique, et de Roger Roy, président de la Fédération des caisses populaires de l’Estrie (Union régionale à l’époque). Ils associent à leur projet Yvon Daneau, alors directeur général du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (appelé à l’époque Conseil de la coopération du Québec), ainsi qu’Alfred Rouleau, président du même conseil, et ils entreprennent de parcourir la province pour vendre leur projet.

Leurs efforts sont récompensés puisqu’en mai 1967, le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité et l’Université de Sherbrooke annoncent la création de la Chaire de coopération dans le cadre du Département d’économique. Il s’agit de la première université à s’intéresser à la coopération. L’instigateur, Émile Bouvier, distingue alors « du point de vue scientifique, le système coopératif du système purement capitaliste » soit « l’entreprise privée motivée par le profit de la rentabilité [versus les] coopératives motivées par le service communautaire ». La chaire assoit clairement sa vocation : présenter un point de vue original, la coopération, sur le développement entrepreneurial et le développement des sociétés.

Composé de représentants du mouvement coopératif et de l’Université, le comité mixte qui pilote la chaire nomme Claude Pichette à titre de titulaire. Dès la première année, celui-ci forme un embryon de centre de documentation et s’affaire à développer la recherche. Roch Bastien ne tardera pas à venir lui prêter main forte.

En 1968, un premier cours sur la coopération est offert dans le cadre du programme de maîtrise en économique. N’ayant pas l’expertise nécessaire dans l’enseignement de la coopération, la chaire doit recourir à des professeurs européens jusqu’en 1971. À l’automne 1970, Claude Pichette quitte l’Université pour occuper un poste au ministère de l’Éducation. Il est remplacé par Roch Bastien, qui sera en charge de la chaire, puis de l’Institut, jusqu’en 1979.

Dès 1971, l’enseignement de la chaire est assumé exclusivement par des professeurs québécois, soit Roch Bastien et Claude Pichette, secondés par Claude Beauchamp et Yvon Daneau.