2012, l'année internationale des coopératives

L’Assemblée générale des Nations Unies proclame l’année 2012 Année internationale des coopératives. Cette importante reconnaissance plaide en faveur de ce modèle entrepreneurial plus égalitaire pour le développement social et économique au niveau mondial.

La résolution adoptée le 18 décembre 2009 appelle l’attention des États Membres sur les nouvelles mesures recommandées par le Secrétaire général Ban Ki-moon dans son rapport intitulé Le rôle des coopératives dans le développement social, publié en juillet 2009. Celui-ci veut promouvoir l’essor des coopératives et favoriser leur création dans des domaines nouveaux ou émergents. Les Nations Unies reconnaissent ainsi la capacité des coopératives « de contribuer au développement durable, à l’élimination de la pauvreté et à la création de moyens de subsistance dans divers secteurs économiques, en milieu rural aussi bien qu’urbain ».

L’éducation, clé de voûte des solutions coopératives

Pour sa part, le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité a mis le cap sur l’éducation lors d’un colloque international qui a réuni, le 9 octobre 2009 à Lévis, 450 coopératrices et coopérateurs de tous âges. Cette approche fait écho au rapport du Secrétaire général des Nations Unies, qui incite à éduquer à la coopération non seulement les élèves et les futurs membres, mais aussi les coopérateurs eux-mêmes.

L’éducation à la coopération et au mutualisme invite au plaisir d’inventer en équipe des solutions adaptées à la diversité des communautés. Cette voie collective donne un plus grand choix de réponses aux enjeux de notre temps. En effet, la branche coopérative et solidaire de l’économie fait contrepoids à l’avidité des entreprises privées et de l’actionnariat, et contribue ainsi à un meilleur équilibre avec les services offerts par l’État.

Le rôle des coopératives dans le développement social

Dans son rapport, le Secrétaire général des Nations Unies montre qu’en s’organisant en coopératives, la population améliore ses conditions de vie. En particulier, il souligne que les coopératives agricoles et financières apportent des solutions à long terme pour la sécurité alimentaire et pour l’accès aux services financiers.

Ban Ki-moon signale la contribution des coopératives à la création d’emplois productifs et de revenus et, donc, à la réduction de la pauvreté. Mues par leurs valeurs, leurs principes et leur intérêt envers la collectivité, dit-il, elles renforcent les économies avec des retombées positives considérables pour l’ensemble de la société.

Selon le Secrétaire général, une enquête à laquelle ont répondu 40 États révèle que les coopératives rendent les services financiers accessibles, stimulent les entreprises rurales et fournissent aux pauvres des moyens de subsistance. Quant aux organisations coopératives centrales, elles se disent préoccupées par le manque de formation des coopérateurs et par la méconnaissance des coopératives.

Pour mettre en évidence l’importance de leur rôle dans le développement, Ban Ki-moon appuie l’initiative d’une Année internationale des coopératives. De plus, pour favoriser la création de coopératives de tous types, il propose que les régimes législatifs et réglementaires tiennent compte de leurs spécificités, tout en respectant leur autonomie.

Il invite aussi les gouvernements et les organisations internationales à promouvoir l’éducation à la coopération dans les écoles, ainsi qu’auprès des membres et des dirigeants des coopératives en vue d’une gestion saine de celles-ci. Il leur recommande d’encourager la recherche-développement, de fournir une assistance technique, d’enrichir les bases de données et d’harmoniser les méthodes statistiques afin de permettre la formulation de politiques cohérentes.

Les 1200 participants au 1er Sommet coopératif des Amériques tenu du 21 au 25 septembre 2009 abondent dans le même sens. En effet, la Déclaration de Guadalajara voit dans la conjoncture mondiale une occasion pour la branche coopérative de l’économie d’accentuer son rôle de générateur de cohésion et inclusion sociales. Cette déclaration interpelle notamment les universités sur la formation des coopérateurs, sur la recherche pour renforcer et développer les capacités des coopératives, et sur l’échange de connaissances et d’expériences avec les coopératives nationales et étrangères.

En somme, la table est mise pour former des coopératrices et coopérateurs aptes à œuvrer dans tous les secteurs de l’économie, tant au Québec qu’à l’étranger.

Gaston Stratford, conseiller spécial de l’IRECUS

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