Pour augmenter le taux de scolarisation dans le pays le plus pauvre de l'Occident
L'Université de Sherbrooke forme 34 nouveaux enseignants au secondaire en Haïti
Sherbrooke, le 18 février 2008
Pour contribuer aux efforts de développement du pays le plus pauvre de l'Occident, l'Université de Sherbrooke poursuit sa mission éducative jusqu'en Haïti. En collaboration avec la Faculté des sciences de l'éducation Régina Assumpta (FÉRA) de Cap-Haïtien, l'UdeS a célébré samedi dernier la diplomation de 34 nouveaux enseignants au secondaire, qui se consacreront à augmenter le faible taux de scolarisation en vigueur dans le pays.
Depuis 2005, l'Université de Sherbrooke travaille étroitement avec la FÉRA de Cap-Haïtien dans un projet de formation à l'enseignement au secondaire. Sous l'égide de la communauté des sœurs de la Congrégation de Sainte-Croix, dix professeurs et cinq chargés de cours de la Faculté d'éducation de l'UdeS ont aidé à la formation des maîtres en Haïti, non seulement en offrant leur encadrement et leur expertise, mais également en se rendant sur le terrain.
Selon le dernier recensement mené en Haïti en 2003, les jeunes de moins de 20 ans représentent 48 % de la population, soit près de la moitié des 8,4 millions d'habitants. De ce nombre, moins de la moitié ont fréquenté un établissement scolaire. Sur l'ensemble de la population âgée de cinq ans et plus, 37,4 % n'ont aucun niveau d'étude, 35,2 % ont atteint le niveau primaire et 21,5 % le niveau secondaire. La proportion des personnes ayant atteint le niveau universitaire n'est que de 1,1 %.
Des données qui démontrent l'importance de l'entraide internationale pour répondre aux besoins criants de ce pays en matière d'éducation, comme l'explique le recteur Bruno-Marie Béchard. « L'Université de Sherbrooke est très fière d'avoir rempli sa mission avec un si beau succès, et de contribuer ainsi au perfectionnement du corps enseignant haïtien par l'amélioration des compétences. Le fait d'avoir surmonté les obstacles liés à la situation sociopolitique instable et d'avoir apprivoisé la culture de l'autre nous a beaucoup enrichis mutuellement. Il est remarquable qu'en dépit de tous les défis inhérents à un tel projet, trente-quatre personnes aient terminé avec succès leur baccalauréat en enseignement au secondaire. »
Une collation des grades à saveur UdeS
Samedi dernier, les nouveaux diplômés ont été officiellement investis des couleurs de l'Université de Sherbrooke, en retournant leur cape noire pour se couvrir d'or et de vert, en présence de plus de 350 parents, amis et professeurs venus des quatre coin du pays. Des invités de marque étaient également présents, comme Claude Boucher, ambassadeur du Canada en Haïti, et Monsieur Gabriel Bien-Aimé, ministre de l'Éducation nationale et de la Formation professionnelle. C'est la deuxième fois qu'un tel rituel d'investiture de collation des grades est exporté à l'étranger. Le 26 janvier 2007, seize membres du corps professoral de la Universidad Católica Boliviana de La Paz en Bolivie avaient vécu ce moment hautement symbolique.
Lors de la cérémonie, le recteur a exprimé toute sa joie et sa fierté aux nouveaux diplômés : « Quel plaisir et quelle satisfaction de contribuer à former des enseignantes et des enseignants du secondaire qui œuvrent en Haïti! Je tiens à souligner à quel point toute l'équipe professorale de l'Université de Sherbrooke a été fort impressionnée par le courage, la persévérance et les sacrifices des diplômés d'aujourd'hui, de même que par leur talent, leur détermination, l'intensité de leurs efforts et le calibre de leur travail. »
Munis de nouvelles connaissances et de fortes compétences, les nouveaux diplômés poursuivront une carrière des plus utiles, dans un pays faisant face à des besoins criants, comme en témoigne la doyenne de la Faculté d'éducation de l'UdeS, Céline Garant. « L'éducation est la base de tout. En contribuant à l'éducation d'enfants et d'adolescents, ces enseignantes et enseignants participent au développement du pays tout entier. En instruisant les jeunes d'Haïti, ils les aident à leur tour à prendre des décisions éclairées qui favoriseront une démocratie toujours mieux exercée. »
Photos : Harry Calixte





