Contexte : un système de santé devenu inadéquat
Le monde de la santé n’a cessé de se complexifier au cours des dernières décennies sous la pression conjuguée de conditions scientifiques et sociales. Le vieillissement de la population et le développement accéléré de nouvelles technologies mettent à rude épreuve des ressources déjà limitées.
Un constat s’impose : un écart de plus en plus considérable se creuse entre les objectifs avoués des normes et politiques de la santé et la réalité des personnes qui évoluent dans le monde de la santé. Professionnels, intervenants, patients et aînés, notamment, sont confrontés à un régime qui, bien que porteur de valeurs, ne parvient plus, à bien des égards, à rencontrer leur réalité vécue. Le système lui-même est malade. Il nous faut donc aller plus loin que les injections de fonds et les réformes ponctuelles de structures, toujours imposées d’en haut. Une réflexion poussée s’impose.
En effet, le domaine de la santé met en jeu les droits les plus fondamentaux : droit à la vie et à la sécurité de la personne, à l’intégrité, à l’autonomie, à la dignité, aux services de santé, à la vie privée et au respect du secret professionnel, etc. Malgré le dévouement et la conscience professionnelle de toutes les personnes qui y œuvrent, les atteintes à ces droits risquent de se multiplier, notamment auprès des personnes les plus vulnérables. De plus, l’approche technocratique méconnaît l’importance de la participation citoyenne à l’élaboration et l’application des politiques de même qu’à la prise de décisions fondamentales dans ce domaine.
Le mode traditionnel de gouverne (ou gouvernement), fondé sur l’énonciation de normes légales et de politiques le plus souvent imposées, se révèle donc inapte à gérer adéquatement le système de santé.
